La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) alerte sur de possibles risques de violences lors de la manifestation annoncée ce mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa par plusieurs partis politiques de l’opposition. À la veille du rassemblement, l’institution affirme avoir été saisie d’informations circulant sur les réseaux sociaux faisant état d’appels à se munir d’armes blanches, notamment de machettes.
Dans un communiqué, la CNDH précise toutefois ne pas avoir vérifié l’authenticité de ces informations. Elle estime néanmoins que, si de tels appels étaient confirmés, ils seraient susceptibles de compromettre le caractère pacifique de la manifestation et d’exposer les participants, les forces de sécurité, les passants ainsi que les biens publics et privés à des risques de violences.
La manifestation est annoncée par les responsables des partis A.Ch, ECiDé, Ensemble, LGD et Envol, dans un contexte politique marqué par des débats sur l’exercice des libertés publiques et, particulièrement, sur le droit de manifester en République démocratique du Congo.
La CNDH appelle à prévenir les débordements
Face aux risques évoqués, la CNDH demande aux organisateurs et aux responsables politiques de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le caractère pacifique du rassemblement.
L’institution rappelle que la Constitution garantit la liberté de réunion pacifique et sans armes ainsi que le droit de manifester. Elle souligne cependant que l’exercice de ces libertés doit se faire dans le respect de la loi et des droits d’autrui.
La Commission met ainsi en garde contre tout recours à la violence, à la haine ou à l’affrontement. Elle invite les organisateurs à assurer un encadrement adéquat de leurs militants et sympathisants et à prendre des mesures pour prévenir toute infiltration du rassemblement par des individus susceptibles de provoquer des violences.
Pour la CNDH, la prévention constitue un élément essentiel afin d’éviter qu’un rassemblement annoncé comme pacifique ne dégénère et ne mette en danger les manifestants ou les autres usagers de l’espace public.
Les autorités appelées à sécuriser la manifestation
La responsabilité de la prévention ne repose toutefois pas uniquement sur les organisateurs, estime la CNDH. L’institution rappelle également les obligations des pouvoirs publics en matière de protection des participants et de maintien de l’ordre public.
Elle invite notamment le ministère de l’Intérieur, le gouverneur de Kinshasa et la Police nationale congolaise (PNC) à prendre des dispositions préventives avant et pendant le rassemblement.
Parmi les mesures préconisées figurent le dialogue avec les organisateurs, la sécurisation des itinéraires et des lieux concernés, ainsi que la mise en place de dispositions destinées à empêcher l’introduction d’armes sur le parcours de la manifestation.
À travers cette alerte, la CNDH insiste sur la nécessité d’anticiper les éventuels incidents plutôt que de se limiter à une intervention après leur survenue. Elle rappelle que la préservation de l’ordre public doit aller de pair avec le respect du droit de manifester pacifiquement.
À la veille du rassemblement du 15 septembre, l’institution appelle ainsi les différents acteurs à privilégier la responsabilité, la retenue et le dialogue afin que l’exercice du droit de manifestation ne débouche pas sur des violences.
