Trois ans jour pour jour se sont écoulés depuis le carnage de Ndosho, à Goma, au cours duquel de nombreux fidèles de l’Église de la Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations (FNJMN), communément appelée « Wazalendo », ont été tués lors d’une répression sanglante.

À l’occasion de la commémoration de cette tragédie, des victimes et des membres de cette communauté religieuse continuent de réclamer vérité, justice et réparation. Ils appellent notamment à l’implication de la Cour pénale internationale (CPI) afin que les responsabilités soient établies.

Lire aussi : Carnage de Ndosho (Goma) : deux ans après, les victimes attendent toujours justice et réparation

Pour Mwangaza Kahasha, membre de l’Église de la Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations (FNJMN), ce drame ne devrait pas passer inaperçu aux yeux du monde.

Elle estime que les victimes et leurs familles attendent toujours que justice soit rendue, trois ans après les faits.

« C’est avec tristesse que nous commémorons cette journée. Ce n’était pas facile pour nous. Que le gouvernement puisse prendre en charge ce crime commis contre nos familles et contre la population de la ville de Goma. Nous n’avions jamais vu cela, mais le gouvernement nous a fait vivre un cauchemar. Nous exigeons la justice », déclare-t-elle.

Selon Amnesty International, dans son rapport intitulé « Operation Keba », publié en décembre 2024, au moins 56 personnes ont été tuées, plus de 80 autres blessées et plus de 150 personnes arrêtées lors de la répression.

L’organisation de défense des droits humains affirme que les éléments recueillis indiquent que les violences ne seraient pas simplement le résultat d’un dérapage isolé de quelques militaires, mais s’inscriraient dans le cadre d’une opération préparée et coordonnée.

D’autres organisations locales de défense des droits humains avaient, quant à elles, évoqué un bilan beaucoup plus lourd, faisant état de plus d’une centaine de morts.

Trois ans après les événements, le 30 août demeure ainsi une date particulièrement douloureuse dans la mémoire collective de la ville de Goma. Les familles des victimes continuent de réclamer la manifestation de la vérité, l’établissement des responsabilités et des réparations pour les personnes affectées.

Pour rappel, les violences du 30 août 2023 avaient visé des civils rassemblés notamment dans les installations de la radio de l’Église de la Foi Naturelle Judaïque Messianique vers les Nations, où une veillée était organisée, ainsi que dans leur lieu de culte situé à Nyabushongo, dans la commune de Karisimbi, à Goma.

Lire aussi : Carnage de Goma : Constant Ndima rappelé à Kinshasa

Selon plusieurs rapports sur les événements, des éléments de la Garde républicaine avaient été mis en cause dans cette opération meurtrière.

Trois ans après, les victimes et leurs familles affirment attendre toujours que les procédures judiciaires permettent d’établir les responsabilités et d’obtenir réparation.

« Nous voulons la vérité, la justice et une réparation digne pour les victimes », résument les survivants et les familles endeuillées à l’occasion de cette commémoration.

Trésor Wilondja

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.