La situation sécuritaire dans l’Est du pays domine largement les journaux, avec la reprise des affrontements sur plusieurs fronts au Sud-Kivu, alors même que les initiatives de paix et de cessez-le-feu se poursuivent.

Sud-Kivu : les fronts militaires de nouveau en ébullition

C’est Radio Maendeleo qui ouvre cette revue de presse en rapportant une reprise des combats dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.

Le média fait état de tensions notamment à Kalehe, Kabare, Walungu, Uvira et Fizi, quelques jours seulement après la première mission du Mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu à Minembwe.

Dans les hauts plateaux de Kalehe, Radio Maendeleo rapporte que des affrontements opposeraient depuis le 22 août des combattants Wazalendo aux troupes de l’AFC-M23 dans plusieurs villages, notamment Chibwisa, Kamatembe et Kalao.

La conséquence est déjà humanitaire. Des milliers de personnes auraient fui leurs villages pour chercher refuge dans différentes localités de Kabare et Kalehe, indiquent les acteurs de la société civile et les comités humanitaires de base cités par nos confrères.

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À Kabare et Walungu également, les combats auraient repris dans plusieurs villages. Radio Maendeleo explique que les affrontements auraient touché notamment Kishadu, Luntukulu et Mulambula.

La situation reste également préoccupante à Uvira et Fizi. Dans les hauts et moyens plateaux d’Uvira, le média rapporte des affrontements impliquant le MRDP-Twirwaneho, les FARDC et leurs alliés, tandis qu’à Fizi, des bombardements auraient repris autour de Minembwe.

Une information particulièrement sensible est également rapportée : un avion de type Antonov aurait été abattu dans la zone de Gahwela, près de Minembwe. Mais Radio Maendeleo précise que cette information reste à confirmer.

Cette reprise des violences intervient surtout à un moment où les mécanismes de cessez-le-feu sont censés contribuer à la désescalade. Le constat est donc préoccupant : sur le terrain, la paix demeure encore extrêmement fragile.

Dialogue national : Tshisekedi ouvre le processus, mais fixe ses lignes rouges

Pendant que les armes continuent de parler dans certaines régions, Jambo RDC nous emmène à Kinshasa, où le président Félix Tshisekedi a officiellement lancé le processus du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.

Selon le média, ce processus devra durer au maximum trois mois et commencera par des consultations dans les 26 provinces, avant la tenue des assises nationales à Kinshasa.

Mais le chef de l’État a clairement défini les limites du dialogue.

Jambo RDC rapporte que les groupes qui prennent les armes contre l’État, occupent une partie du territoire ou agissent au service d’une puissance étrangère ne pourront pas participer au processus comme composantes politiques.

Autre ligne rouge : le dialogue ne sera pas consacré au partage du pouvoir et ne pourra pas remettre en cause les résultats des élections.

Sur le plan judiciaire également, Félix Tshisekedi ferme la porte à une amnistie générale pour les auteurs des crimes les plus graves.

« La paix ne saurait signifier l’impunité », insiste le président, rapporte Jambo RDC.

À travers ce dialogue, le pouvoir veut donc ouvrir un espace de discussion nationale, mais sans remettre en cause les institutions actuelles, la Constitution ou les principes de justice pour les crimes graves.

La grande interrogation sera désormais de savoir si ces consultations réussiront réellement à inclure toutes les sensibilités et à répondre aux profondes crises qui traversent le pays.

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Réfugiés congolais en Tanzanie : une feuille de route pour le retour volontaire

Toujours dans Jambo RDC, un autre dossier important concerne les réfugiés congolais vivant en Tanzanie.

La RDC, la Tanzanie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés ont adopté à Lubumbashi une feuille de route pour organiser le retour volontaire et la réintégration des Congolais réfugiés.

Nos confrères font savoir qu’environ 87.000 réfugiés congolais vivent actuellement en Tanzanie.

Le principe adopté est clair : les retours devront être strictement volontaires, fondés sur une décision libre et éclairée des personnes concernées.

Mais la question sécuritaire reste centrale, particulièrement pour les réfugiés originaires du Sud-Kivu.

Et c’est là que les deux informations se croisent : comment organiser durablement le retour des réfugiés alors que plusieurs territoires de la province continuent d’être secoués par les combats ?

La feuille de route existe désormais. Mais sa réussite dépendra largement de la capacité à garantir la sécurité, la réintégration et des conditions de vie acceptables aux personnes qui choisiront de rentrer.

Bukavu : les incendies deviennent une tragédie récurrente

Changement de sujet avec Life Infos, qui s’intéresse à une autre urgence, cette fois au cœur de Bukavu : les incendies à répétition.

« Bukavu : les flammes qui ne s’éteignent plus et endeuillent plusieurs familles », titre le média.

Selon Life Infos, il ne se passe pratiquement plus un mois sans qu’un incendie soit signalé dans la ville.

Et les conséquences dépassent largement les pertes matérielles. Des familles perdent leurs maisons, leurs biens et parfois leurs proches. La pauvreté s’aggrave, des enfants sont déscolarisés et les victimes se retrouvent souvent confrontées à de nouveaux conflits lors de la reconstruction.

Le média cite plusieurs quartiers régulièrement exposés, notamment Ndendere, Panzi, Mulambula, Cikonyi, Cahi, Nkafu, Nyakaliba, Nyamugo et Kasali.

Les causes sont multiples : constructions anarchiques, installations électriques défectueuses, mauvaise utilisation des panneaux solaires ou des réchauds à gaz, produits inflammables mal conservés et forte densité des habitations.

Pour Julien Namegabe, acteur de la société civile cité par Life Infos, la prévention doit devenir une priorité collective.

Car, derrière chaque maison consumée, c’est souvent toute une famille qui doit recommencer sa vie à zéro.

Lac Kivu : le sambaza se fait de plus en plus rare

Direction maintenant le lac Kivu avec L’Essentiel RDC, qui tire la sonnette d’alarme sur la diminution spectaculaire des prises de sambaza à Bukavu.

Selon les acteurs du secteur cités par le média, les pêcheurs qui pouvaient autrefois capturer près de 100 kilogrammes par nuit ne ramènent parfois plus que 10 à 20 kilogrammes.

Une situation qui inquiète les scientifiques.

L’Essentiel RDC explique que la forte pression de pêche dans la baie de Bukavu, l’utilisation de filets inadaptés et la pêche dans les zones de reproduction menacent directement le renouvellement des stocks.

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Les chercheurs du Laboratoire d’hydrobiologie, d’aquaculture et de gestion des ressources naturelles de l’Université officielle de Bukavu pointent notamment l’utilisation de petites mailles et de filets capables de capturer les larves et les jeunes poissons avant leur reproduction.

À cela s’ajoutent les préoccupations liées à la pollution de certains cours d’eau qui se déversent dans le bassin du lac Kivu.

Le sambaza, rappelle le média, n’est pas seulement un poisson : il constitue une source importante de revenus et d’alimentation pour de nombreuses familles riveraines.

Sa disparition progressive poserait donc à la fois un problème économique, alimentaire et environnemental.

Bukavu : les journalistes renforcent la lutte contre la désinformation

Enfin, Le Souverain Libre revient sur la formation de journalistes venus de Bukavu, Walungu, Kalehe et Idjwi sur le fact-checking, la lutte contre la désinformation et le traitement responsable des informations en ligne.

Cette session de trois jours, organisée par l’Association des femmes des médias, AFEM, a permis aux professionnels de la presse de prendre plusieurs engagements.

Le Souverain Libre rapporte que certains journalistes se sont engagés à instaurer des mécanismes systématiques de validation avant la diffusion des alertes provenant des réseaux sociaux.

D’autres promettent de renforcer l’archivage de leurs sources ou encore de former leurs équipes aux outils de recherche inversée et de détection des contenus manipulés.

Une initiative particulièrement importante dans un contexte où les fausses informations circulent parfois plus vite que les démentis.

AFEM, avec l’appui de la coopération suisse DDC, entend poursuivre cet accompagnement afin de renforcer un journalisme professionnel, rigoureux et responsable

Suzanne Baleke

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