L’organisation Mkaaji Mpya asbl, à travers son Département Genre, Paix et Affaires Humanitaires, a organisé ce samedi 12 septembre 2026 à Bukavu une réunion mensuelle consacrée au lancement du projet « Soutenir la résistance collective des femmes et le mouvement des femmes, création d’alliances et plaidoyers », financé par Urgent Action Funds

La rencontre a réuni les organisations membres de la plateforme FEMINIA RDC autour d’un objectif central : renforcer leur collaboration et améliorer la documentation des violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBG-FT).

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Avec l’utilisation croissante des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, TikTok et WhatsApp, les femmes congolaises disposent aujourd’hui de nouveaux espaces d’expression, d’information et de mobilisation. Ces plateformes peuvent toutefois également devenir des espaces d’exposition à différentes formes de violences.

Les participantes ont notamment évoqué le harcèlement en ligne, les insultes sexistes, la diffusion non consentie d’images intimes et l’usurpation d’identité parmi les violences auxquelles les femmes peuvent être confrontées dans les espaces numériques.

Pour Mkaaji Mpya et FEMINIA RDC, l’enjeu est désormais de transformer les témoignages et les cas rapportés sur le terrain en données pouvant soutenir les actions de protection et de plaidoyer.

Documenter pour renforcer le plaidoyer

Monique Cirimwami, chargée de programme chez Mkaaji Mpya, souligne l’importance du projet pour les femmes de la région.

« L’objectif de cette rencontre est de consolider les alliances entre les organisations membres de la plateforme FEMINIA, mais aussi de discuter des différentes violences basées sur le genre facilitées par la technologie, dont nous faisons face au jour le jour au sein de notre communauté », explique-t-elle.

Lors de cette réunion, elle a également présenté Connect Journalists, un outil destiné à faciliter la documentation et le signalement des cas de violences basées sur le genre, notamment celles facilitées par les technologies.

« Connect Journalists est un outil à disposition des organisations membres de FEMINIA afin de documenter, mais aussi de signaler les cas de violences que nous rencontrons quotidiennement. C’est une avancée majeure pour transformer nos témoignages en preuves exploitables », ajoute Monique Cirimwami.

Selon les organisateurs, les organisations membres de FEMINIA RDC auront un rôle actif dans ce mécanisme. Elles devront notamment identifier et documenter les cas dans leurs zones d’intervention, sensibiliser les femmes sur les possibilités de signalement et contribuer à l’interprétation des tendances lors des réunions mensuelles de validation.

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Cette approche participative doit permettre de disposer d’une documentation considérée comme plus représentative des réalités vécues dans les différentes communautés, tout en renforçant les liens entre les organisations engagées dans la défense des droits des femmes.

Cinq notes mensuelles prévues

Le projet prévoit la production de cinq notes mensuelles, ainsi que d’un rapport consolidé en décembre 2026.

Les données recueillies et analysées devraient servir de base à la formulation de recommandations à l’intention des autorités, des plateformes numériques, des organisations de femmes ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Pour Mkaaji Mpya, l’objectif ne se limite toutefois pas à produire un rapport.

« Nous voulons que ce mécanisme devienne permanent, porté conjointement par MKAAJI MPYA et FEMINIA RDC, afin que la lutte contre les violences numériques ne s’arrête pas à la publication du rapport », conclut Monique Cirimwami.

À travers ce projet, Mkaaji Mpya et FEMINIA RDC entendent ainsi renforcer les capacités des organisations locales à documenter les violences numériques, consolider les alliances entre acteurs et faire de ces données un outil de plaidoyer et de protection des femmes.

Édith Kazamwali

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