La participation des jeunes femmes aux processus de paix et de prise de décision demeure un enjeu majeur au Sud-Kivu. Après deux années de mise en œuvre, les acteurs du projet Wasichana na Amani plaident désormais pour une deuxième phase afin d’élargir les bénéficiaires et de consolider les acquis enregistrés.

Cette recommandation a été formulée à l’issue d’un atelier de capitalisation des expériences du projet, organisé ce jeudi 27 août 2026 à l’Hôtel Elizabeth de Bukavu par Kvinna Till Kvinna, organisation féministe internationale qui a mis en œuvre cette initiative à travers plusieurs organisations partenaires, dont La Prunelle RDC asbl, Génération Épanouie et Mwanamke Kesho.

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La Prunelle RDC, Evelyne Ndipondju, Directrice pays de Kvinna Till Kvinna, a souligné que le projet, qui a notamment rapproché les approches des résolutions 1325 et 2250, a enregistré plus de 95 % de réussite, tout en révélant l’importance de renforcer durablement la voix des jeunes femmes dans les espaces de décision.

Un projet pour rapprocher les résolutions 1325 et 2250

Lancé officiellement le 11 novembre 2024 à Bukavu, le projet Wasichana na Amani était financé par le Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies (UNPBF).

Prévu pour une période de 24 mois, d’août 2024 à juillet 2026, le projet avait pour ambition de renforcer la participation significative des jeunes femmes aux processus de consolidation de la paix et aux décisions politiques en République démocratique du Congo, particulièrement dans la province du Sud-Kivu.

Il a été mis en œuvre dans quatre territoires, notamment Walungu, Kabare, Mwenga et Kalehe, ainsi que dans les villes de Bukavu et Uvira.

Le projet visait notamment à créer un pont entre les organisations et mouvements travaillant autour de la résolution 1325 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité, et les organisations de jeunes engagées autour de la résolution 2250 sur les Jeunes, la Paix et la Sécurité.

À travers cette initiative, l’objectif était de renforcer les capacités des jeunes femmes afin qu’elles puissent participer davantage aux processus politiques et à la consolidation de la paix, tout en favorisant un changement des normes sociales et culturelles liées au genre et à l’âge.

Capitaliser deux années d’expériences

Pour Evelyne Ndipondju, l’atelier organisé à Bukavu a permis aux différentes parties prenantes de faire le bilan et de capitaliser les acquis de deux années de mise en œuvre.

La rencontre a notamment permis de rapprocher l’expérience des organisations travaillant depuis plusieurs années sur la Résolution 1325 de celle des organisations de jeunes engagées autour de la Résolution 2250, avec pour objectif de mettre en place un mécanisme commun favorisant la participation des jeunes femmes aux processus de paix et de prise de décision.

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L’exercice de capitalisation, réalisé à partir de la documentation du projet par un consultant externe, a également permis d’analyser les différentes méthodologies utilisées et leur contribution aux résultats obtenus.

« Il y a huit approches méthodologiques qui ont été développées pendant cette période-là et chacune des approches a contribué à la réussite d’une autre approche. Et chacune des approches a plusieurs. Donc, il était important de revenir sur tout ça pour que nous apprenions des autres. Il y en a qui ont utilisé l’approche participative, pendant que d’autres ont utilisé l’approche intergénérationnelle, ou d’autres ont participé aux activités de renforcement des capacités et qui ne savaient donc pas exactement qu’est-ce qui a contribué à quoi, qui était contribué par le niveau de réussite du projet tel que les évaluateurs nous avaient dit l’année dernière. Donc, on a parcouru les différentes approches, on a revisité les outils qui ont été utilisés, on a permis aux participants et aux participantes de donner leurs avis par rapport aux outils qu’ils ont constatés dans la présentation et même par rapport au complément d’information qui m’a été apporté pour pouvoir analyser. »

Selon la Directrice pays de Kvinna Till Kvinna, huit approches méthodologiques ont ainsi été développées et analysées au cours de cette expérience afin de mieux comprendre leur contribution aux résultats du projet.

Plus de 95 % de réussite, mais seulement 600 bénéficiaires directes

La Directrice pays de Kvinna Till Kvinna se félicite des résultats du projet, avec plus de 95 % de réussite, selon l’évaluation.

Elle estime toutefois que les 600 jeunes femmes bénéficiaires directes restent un nombre limité au regard des besoins dans une province comme le Sud-Kivu et dans une ville comme Bukavu.

Elle plaide ainsi pour l’élargissement de la base des bénéficiaires, notamment dans les communautés touchées par le projet, tout en tenant compte des contraintes sécuritaires qui ont limité l’accès à certaines zones.

La Directrice pays de Kvinna Till Kvinna appelle ainsi à une deuxième phase du projet afin d’élargir les bénéficiaires et de renforcer la participation des jeunes femmes aux processus de paix et de prise de décision.

Elle souligne toutefois que cette nouvelle étape nécessite la mobilisation de ressources financières et l’engagement des partenaires, qui se montrent favorables à la poursuite de l’initiative.

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Les acquis du projet au service d’autres initiatives

Evelyne Ndipondju souligne également que les résultats et les expériences tirées de Wasichana na Amani pourraient servir à d’autres projets.

« On avait le projet le plus petit de toute la convention des bénéficiaires qui étaient dans le système. Et nous sommes aussi le premier projet qui a fini. Les résultats de notre projet vont être utilisés par les autres qui sont en phase de démarrage ou qui sont encore en cours, vont être utilisés aussi pour mieux asseoir leur base méthodologique et utiliser tout ce que nous avons testé pour pouvoir mieux faire aussi chez eux. Donc, mieux faire que nous, parce que c’est essentiel aussi, la contribution à la communauté des pratiques. Mais nous allons continuer la mobilisation des femmes, des jeunes femmes, parce que c’est la première fois qu’on travaille avec les jeunes femmes », conclut-elle.

Le projet Wasichana na Amani avait notamment mis un accent particulier sur les jeunes femmes, souvent absentes ou insuffisamment représentées dans les espaces où se discutent les questions liées à la paix et à la prise de décision.

L’ambition était également de favoriser une meilleure compréhension et une plus grande solidarité entre les mouvements de défense des droits des femmes et les organisations engagées pour les droits des jeunes, tout en renforçant les liens intergénérationnels entre les différentes actrices de la paix.

Réagissant après cette présentation et ce plaidoyer en faveur de la poursuite du projet, Joëlla Sambo, participante à l’atelier et coordonnatrice de Prospérité Africa, salue les acquis du projet « Wasichana na Amani », notamment les outils et stratégies développés, qu’elle estime utiles pour les futures interventions sur le terrain.

Elle appelle les organisations participantes à capitaliser les leçons apprises afin de renforcer la participation des femmes et des jeunes filles aux processus de paix et aux instances de prise de décision. Elle plaide également pour le financement d’une deuxième phase, jugeant le nombre de bénéficiaires encore insuffisant au regard des besoins des communautés.

« Nous espérons que les partenaires qui appuient cette initiative puissent faire la deuxième tranche, puissent financer encore d’autres initiatives de Kvinna Till Kvinna, afin que d’autres femmes, d’autres filles puissent être des bénéficiaires potentiels de cette initiative. Parce que le nombre qui a été ciblé est un nombre très limité par rapport aux besoins au niveau communautaire. »

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Au terme du projet, les acteurs saluent donc des résultats encourageants, mais appellent désormais à une deuxième phase pour élargir l’impact et renforcer durablement la participation des jeunes femmes aux processus de paix et de prise de décision au Sud-Kivu.

Vinciane Ntabala

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