Au moins 2 831 maisons d’habitation et quatre unités de production artisanale ont été détruites par des incendies à Bukavu et dans certains territoires du Sud-Kivu entre février 2025 et le 6 septembre 2026, selon un bilan du Parlement Citoyen pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (PCDBG-Baraza la Raiya). L’organisation appelle les autorités et les acteurs humanitaires à mettre en place une réponse urgente en faveur des milliers de personnes sinistrées.

Dans un plaidoyer adressé aux autorités nationales et provinciales ainsi qu’aux partenaires humanitaires, le PCDBG indique que ses enquêtes avaient déjà recensé 1.657 maisons d’habitation et quatre unités de production artisanale détruites entre février 2025 et août 2026.

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À ce bilan s’ajoutent, selon l’organisation, 721 maisons calcinées entre le 20 août et le 6 septembre 2026 dans plusieurs quartiers et localités, notamment à Kamagema, Kabare (Cirhunga), Mudhusa, Muchununu, Luziba, Feu-Vert à Nguba, ainsi que dans le quartier Nkafu, notamment à Georges Deffour et autour de l’Hôpital Général, à Mulengeza, Cimpunda, Nyamugo et Kaziba.

Le PCDBG estime que ces différents incendies ont plongé plus de 12.000 personnes dans une situation de grande vulnérabilité.

Les familles touchées ont, selon cette organisation, perdu leurs maisons, leurs biens essentiels, leurs documents administratifs, leurs effets scolaires ainsi que leurs principales sources de revenus. Des ateliers, commerces et petites unités de production ont également été détruits, parmi lesquels le Centre CAPA, le CMA et deux boulangeries.

Une assistance humanitaire jugée insuffisante

Pour le PCDBG, l’ampleur des dégâts constitue désormais une urgence humanitaire nécessitant une réponse adaptée aux besoins des victimes.

« Derrière chaque maison détruite, il y a une famille », rappelle l’organisation, qui souligne que les enfants, les femmes, les personnes âgées et d’autres catégories vulnérables sont particulièrement exposés aux conséquences de ces sinistres.

L’organisation dénonce parallèlement l’absence d’une assistance humanitaire conséquente et structurée en faveur des personnes affectées.

Elle recommande en premier lieu l’identification et l’enregistrement exhaustif des ménages sinistrés, afin de disposer de données fiables permettant de cibler les interventions.

Le PCDBG plaide également pour la mise à disposition d’abris temporaires dignes, ainsi que pour la distribution de vivres, vêtements, couvertures et kits ménagers. Il demande aussi une prise en charge sanitaire et psychosociale des personnes affectées.

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La perte des documents administratifs constitue une autre préoccupation soulevée dans le plaidoyer. Plusieurs victimes auraient perdu leurs pièces d’identité ainsi que des documents liés à leurs biens dans les incendies.

L’organisation demande ainsi la mise en place d’un mécanisme permettant la reconstitution des pièces administratives détruites.

Soutenir les moyens de subsistance

Au-delà de l’aide d’urgence, le PCDBG recommande la mise en œuvre de mesures de relèvement au profit des victimes.

Il propose notamment des programmes destinés aux petits commerçants et artisans ayant perdu leurs outils de travail, ainsi que des actions en faveur de la scolarisation et de la réinsertion des enfants affectés par les incendies.

Agir malgré le contexte sécuritaire

Ce plaidoyer intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile au Sud-Kivu, marqué notamment par la crise en cours et le contrôle de fait de Bukavu par l’AFC-M23.

« Les considérations politiques et sécuritaires ne devraient pas empêcher l’acheminement de l’aide aux populations civiles », peut-on lire dans le rapport signé par Me Amani Lwamba Shadrack, président national du PCDBG.

L’organisation évoque notamment les mécanismes déjà utilisés dans les secteurs de la santé et de l’éducation pour maintenir certains services essentiels dans des zones confrontées à des situations sécuritaires complexes.

Pour le PCDBG, l’assistance humanitaire doit avant tout répondre à une obligation envers les populations vulnérables, indépendamment du contexte politique ou sécuritaire.

L’organisation demande par ailleurs la réalisation d’une mission d’évaluation humanitaire indépendante et conjointe, destinée à documenter l’ampleur des dégâts et à établir un plan d’intervention adapté.

Elle recommande également la création d’un fonds spécial de solidarité en faveur des victimes des incendies de Bukavu, avec un mécanisme transparent de gestion et de contrôle associant les autorités, les représentants des victimes, les acteurs humanitaires et la société civile.

« Bukavu ne demande pas la pitié. Bukavu demande la solidarité, la justice et l’action. Nous appelons le Gouvernement, les agences des Nations unies, les ONG, les Églises, la diaspora congolaise, les opérateurs économiques et les personnes de bonne volonté à se mobiliser », insiste le PCDBG.

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L’organisation estime enfin que les victimes des incendies ne doivent pas devenir « les oubliés » de la crise qui frappe actuellement le Sud-Kivu.

Elle exhorte ainsi les autorités et les partenaires à faire de leur prise en charge une priorité humanitaire et à agir rapidement pour leur permettre de retrouver un toit, des moyens de subsistance et des conditions de vie dignes.

Suzanne Baleke

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