Accès Humanitaire

Le nouveau rapport du Groupe d’Experts de l’ONU sur le Congo révèle bien la volonté du M23 et du Rwanda pour continuer à commettre des graves crimes à l’Est de la République Démocratique du Congo. Au-delà des contacts pris dans le Sud-Kivu notamment pour étendre leur influence, les Forces Rwanda et le M23 multiplient la confusion avec notamment des nouvelles revendications pour rester le plus longtemps possible sur le territoire congolais.

Organisation, revendications, renforcement des contingents et entraînement…le rapport d’Experts met à nu sur la vraie volonté de Kagame : rester au Congo par n’importe quel moyen.

Lire aussi: Expansion territoriale, retrait incomplet,… le maître M23 devant l’admiration de l’EAC et le monde!

Selon le Groupe d’Experts de l’ONU, le discours du M23, soutenu par le Rwanda a évolué et ne se contente pas de dénoncer l’absence de progrès dans la mise en œuvre de la déclaration d’engagement signée par le Mouvement du 23 mars à la conclusion du dialogue de Kampala et de la déclaration signée par le Gouvernement congolais à la conclusion du dialogue de Kampala (les Déclarations de Nairobi), le 12 décembre 2013.




« Le discours du groupe armé a de plus en plus porté sur la protection de la communauté tutsie contre un génocide présumé et donc, sur la neutralisation des FDLR (par. 98 plus bas). Il a demandé à parler directement avec les autorités de la République démocratique du Congo et a fixé de nouvelles conditions pour son propre retrait, telles que « la fin de la corruption » et « la réforme de l’armée », rejetant de facto les conditions établies dans les processus de Luanda et de Nairobi », apprend-t-on.

Lire aussi: RDC : comment le M23 tente d’ouvrir le front du Sud-Kivu à travers le Twirwaneho par le recrutement des jeunes Banyamulenge

Le commandement du M23 est resté sous le commandement militaire global du « général » Sultani Makenga, qui fait l’objet de sanctions. L’organisation civilo-militaire du M23 s’est encore renforcée, notamment grâce à plusieurs officiers et soldats des FARDC qui ont rejoint le groupe.




Selon plusieurs sources, Baudoin Ngaruye qui fait l’objet de sanctions, et les combattants du M23 sous son commandement tous cantonnés au Rwanda jusqu’à récemment, ont été amenés en République démocratique du Congo en février 2023 pour rejoindre le M23. Ils ont suivi un entraînement à Tshanzu et ont été redéployés, notamment dans la zone de Rwindi et de Kisheshe

Le Groupe d’experts a également établi que le M23 et les Twirwaneho, un groupe armé actif au Sud-Kivu, se rapprochaient sur le plan opérationnel.

Lire aussi: Sud-Kivu : recrutement massif d’enfants par les Gumino et Twirwaneho

« Des combattants du M23 qui ont été capturés ou se sont rendus ont confirmé que le « colonel » Kanyamibwa continuait de diriger la formation militaire et idéologique des nouvelles recrues à Tshanzu, avec le soutien du « lieutenant » Moise et du « sous-lieutenant » Masengechu, qui seraient tous les deux d’anciens membres des FARDC. La formation des nouvelles recrues durait six à neuf mois ; les plus prometteuses étaient sélectionnées pour le commando et bénéficiaient d’un entraînement spécial ».




Début mars 2023, les nouveaux combattants avaient fini leur entraînement, ce qui a porté à environ 3.000 le nombre total de combattants du M23.

Matériel militaire des M23

Des preuves photographiques ainsi que des vidéos et des images par drone montrent des chefs et des combattants du M23 portant de nouveaux uniformes assortis, des casques en kevlar et des gilets pare-balles.

Un combattant et aide-de-camp d’un chef du M23 qui s’est rendu a confirmé que le groupe avait acheté de nouveaux uniformes, mais n’a pas pu donner de détails sur l’origine précise de ces uniformes. Les combattants du M23 et/ou de la RDF ont également été dotés de radios VHF, de matériel de vision nocturne et de véhicules. 

« La variété et le bon état de l’équipement militaire récupéré et documenté dans les zones occupées par le M23 ou dans lesquelles la RDF a mené des incursions ou des opérations, dont divers types de fusils d’assaut, de mitrailleuses lourdes et légères, divers types de lance-roquettes, de roquettes, de lance-grenades et de grenades, de canons sans recul, d’obus de mortier et de boîtes de munitions, ont donné une idée de l’importante puissance de feu du M23 » dit le rapport.

Lire aussi: Sud-Kivu : diaspora, « Mahoro Peace association », impôt local, comment les Twirwaneho financent leurs opérations

Certains équipements militaires, de production récente, ne pouvaient donc pas appartenir aux anciens stocks du M23 datant de 2012 et 2013.

Par exemple, expliquent les experts, plusieurs grenades antipersonnel de 40 mm et une boîte de munitions de 7,62 x 54 mm, toutes deux produites en 2021, ainsi que des munitions de 12,7 x 108 et des casques en kevlar, tous produits en 2020, ont été retrouvés à la mi-mars 2023 dans des positions abandonnées du M23 à environ 3 à 5 km au nord-est de Sake, dans le territoire de Masisi.

« Le Groupe d’experts n’avait jamais vu en République démocratique du Congo des fusils d’assaut de type Galil et AK-103, aperçus, le 3 mars 2023, dans un camp mixte du M23 et de la RDF, à Mushaki (voir annexe 26). Ceci démontre que le M23 venait de se doter d’un nouvel arsenal militaire ou que le matériel récupéré appartenait à une armée régulière soutenant le M23 sur le champ de bataille ».

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.