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Au Sud-Kivu, le Gouvernement provincial dirigé par Théo Ngwabidje a été destitué par l’Assemblée provinciale depuis le 24 novembre dernier. Plus d’un mois, le Gouverneur qui a dénoncé des irrégularités, n’a toujours pas déposé sa démission, ni cessé d’exercer ses fonctions. Il a même participé à la dernière conférence des Gouverneurs alors que des acteurs sociaux dénoncent une jungle.

Celui-ci n’a même pas trouvé d’opportunités d’aller à la Cour Constitutionnelle pour contester son éviction par les députés provinciaux.

Pourtant, sur le plan Constitutionnel, il n’appartient pas au Gouverneur déchu de décider sur le sort de l’action des députés provinciaux, qui sont par ailleurs ses électeurs. En citoyen comme tous, il avait l’obligation de s’en remettre aux Cours et Tribunaux.

Ce qui laisse dire au Professeur Arnold Nyaluma, Avocat et enseignant de Droit que le Gouverneur commet une infraction de « rébellion ». Il évoque une peine de prison, notamment pour « usurpation » d’une fonction publique.

Jungle

Dans cette confusion, Théo Ngwabidje a un allié visible de taille : il s’agit du Ministre National de l’Intérieur et Sécurité, monsieur Daniel Aselo.

Dans un message audio lui attribué et qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux de Bukavu, Daniel Aselo a laissé entendre que personne ne pouvait bouger le Gouverneur déchu. Il s’est comporté en décideur final dans un Etat démocratique. Il n’a même pas pris les soins d’exiger que son protégé obtienne un arrêt de la Cour Constitutionnelle invalidant ou confirmant l’action des députés.

Comme pour montrer sa détermination à être le seul «maître à bord », le ministre de l’Intérieur a invité Théo Ngwabidje à la récente Conférence des Gouverneurs présidée par le Chef de l’Etat.

Lire aussi: Refus de démissionner de Ngwabidje : le Prof. Nyaluma parle de « rébellion » et évoque une peine de prison (Interview)

Le Gouverneur qui a désormais adhéré au Parti au pouvoir, l’UDPS à l’annonce d’une motion de censure contre lui a également le soutien des hauts cadres de l’UDPS venus du Sud-Kivu dont certains membres du Cabinet du Président Tshisekedi qui sont accusés de diriger le Sud-Kivu par amis et connaissances interposés.

En attendant, nombreux députés provinciaux ne désarment pas et veulent recouvrer leur dignité « bafouée » par un Gouverneur qu’ils sont pourtant censé élire et démettre selon les lois de la République.

La Société Civile du Sud-Kivu maintient également la pression en demandant au Président Tshisekedi de venir au Sud-Kivu pour se rendre compte du « désastre » de la gouvernance Ngwabidje. Elle appelle le Chef de l’Etat à ne pas cautionner la violation de la Constitution et l’enterrement de la démocratie au Sud-Kivu ou encore à ne pas cautionner la jungle en crachant sur les lois et règlements de la République.

Pour l’instant, tout celui qui ose dénoncer est accusé de « comploter » avec le M23 ou pour l’instabilité du Kivu. Un sujet sensible sur le plan sécuritaire pour taire toutes les voix discordantes. 

Jean-Luc M.
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