Un pasteur de la 8e CEPAC a été tué par balles dans la soirée du dimanche 13 au lundi 14 septembre 2026 à Katwiguru, une localité du groupement de Binza, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Le drame, survenu vers 19 heures 20, a plongé la population dans la consternation et ravivé les inquiétudes liées à l’insécurité dans cette partie du territoire.
La victime, identifiée comme le pasteur Harerimana, exerçait son ministère à la 8e CEPAC de Katwiguru. Selon des sources locales, il a été abattu à son domicile, au quartier Nyamirambo, non loin du marché central de Katwiguru, par des hommes armés dont l’identité reste inconnue.
Lire aussi : Rutshuru : des habitants dépouillés lors d’une incursion nocturne à Kahunga
D’après les mêmes sources, les assaillants ont fait irruption dans la maison du pasteur avant de lui tirer dessus alors qu’il se trouvait dans le salon. Le mobile de l’assassinat n’était pas encore connu au moment de la rédaction.
Quelques heures avant sa mort, le pasteur Harerimana venait pourtant de célébrer avec sa famille, ses amis et ses connaissances l’ouverture de son officine pharmaceutique.
« C’était autour de 19 heures 20, nous avons entendu des coups de balle. L’information est sortie disant que le pasteur Harerimana vient d’être tué. Il venait de revenir à Katwiguru après un déplacement dû à l’insécurité. Hier, il venait de rouvrir sa pharmacie. Après l’inauguration et le partage du pain, il est rentré chez lui. Malheureusement, les bandits sont entrés et ont tiré sur lui », témoigne un habitant sous couvert d’anonymat.
Une communauté endeuillée
La disparition du pasteur laisse derrière lui une veuve et huit enfants, désormais orphelins de leur père. À Katwiguru, les habitants décrivent un homme très connu pour sa sociabilité et son engagement religieux.
Son assassinat intervient quelques heures seulement après son retour dans la localité, après un déplacement qu’il avait effectué en raison de l’insécurité. La réouverture de son officine pharmaceutique devait marquer son retour à ses activités et à la vie communautaire.
Le meurtre a rapidement suscité l’émoi au sein de la population. Plusieurs habitants disent désormais vivre dans la peur, redoutant une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire.
La psychose gagne Katwiguru
L’assassinat du pasteur Harerimana alimente les inquiétudes dans le groupement de Binza, une zone placée sous le contrôle de l’AFC-M23.
Ces dernières font état, depuis plusieurs mois, d’une situation sécuritaire préoccupante dans cette partie du territoire de Rutshuru. Des cas d’assassinats ciblés, de pillages, d’enlèvements, de violences sexuelles et d’arrestations arbitraires sont notamment régulièrement rapportés par des sources locales.
Lire aussi : Rutshuru : la rentrée scolaire effective malgré un contexte socioéconomique difficile
Le meurtre du pasteur vient ainsi s’ajouter aux préoccupations de la population, qui dénonce la persistance des violences malgré les différents dispositifs sécuritaires présents dans la zone.
Pour l’heure, aucune information officielle n’a été communiquée sur l’identité des auteurs présumés ni sur le mobile de l’assassinat. Les circonstances exactes de ce meurtre restent donc à établir.
À Katwiguru, la population reste sous le choc après la mort brutale de cet homme d’Église, dont le retour dans la localité avait pourtant été marqué, quelques heures auparavant, par la réouverture de son officine pharmaceutique.
