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En République Démocratique du Congo, des tests de mobilisation par des leaders politiques se poursuivent depuis plus d’une semaine pour s’opposer à l’entérinement de Ronsard Malonda à la tête de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

En effet, les manifestations ont commencé sur appel du parti présidentiel; l’UDPS qui voit en ce choix une tentative du Front Commun pour le Congo (FCC) de vouloir torpiller les élections à venir.  La plus grande, celle du 9 Juillet dernier, a été principalement concentrée dans les villes de Kinshasa et de Lubumbashi.

Ce lundi 13 juillet, c’était le tour de la Coalition de l’opposition « Lamuka » de descendre dans la rue pour la même cause. A la tête Jean-Pierre Bemba Gombo, Président du Mouvement de Libération du Congo (MLC). Portant son masque, l’homme a drainé des foules.

Une contamination en masse au Coronavirus n’est pas exclue

Si ces manifestations sont importantes pour ces formations politiques, elles sont également un lieu de contamination en masse au Covid-19.

En effet, comme on peut le remarquer, dans plusieurs de ces mobilisations; ce sont des leaders et quelques autres autour d’eux qui portent véritablement des masques de protection. Ils sont collés les uns, les autres et ne prennent visiblement pas compte de la gravité de la situation sanitaire actuelle au pays.

En effet, le pays, la République Démocratique du Congo est parmi les pays africains frappés par la maladie à Coronavirus. A ce jour, le pays a enregistré officiellement plus de 8000 cas dont la grande partie se trouve à Kinshasa.

Pour plusieurs professionnels de la Santé; ces manifestations vont encore une fois déclencher une vague de contamination dans la capitale Kinshasa; alors que les habitants réclament à cor et à cris que les mesures; prises lors de la proclamation de l’état d’urgence sanitaire soient assouplies.

Un état d’urgence sanitaire de façade

Ces manifestations se poursuivent alors que le Président de la République a décrété l’état d’urgence sanitaire au pays afin de faire face à la pandémie. Un état d’urgence qui a déjà été prorogé à six reprises en raison de l’évolution épidémiologique du pays.

Dans cette réalité, les responsables politiques actuels semblent avoir fait, eux aussi, le choix de rue. Le président de la République au premier plan.

En conseil des ministres le vendredi dernier, le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi aurait dit avoir appelé en personne le chef de la police à Kinshasa pour lui demander d’encadrer des manifestations de son parti l’UDPS. Il foulait ainsi aux pieds la décision de son gouvernement interdisant les manifestations pour cause de l’état d’urgence décrété par lui-même [Le Chef de l’Etat] pour cause de Coronavirus.

Dès lors, les forces de défense et de sécurité ne savent pas faire respecter la décision.

Pourtant, l’ordonnance du Président Tshisekedi interdit un rassemblement de plus de 20 personnes. C’est d’ailleurs dans ce sens que les Eglises, Ecoles, Universités avaient été fermées.

Des partisans « sacrifiés »

Selon le Docteur Nfundiko, médecin à l’Hôpital de Panzi, les lieux de rassemblement de plusieurs personnes sont des lieux de contamination par excellence.

Au cours d’une interview avec Laprunellerdc.info, Antoine Nfundiko avait fortement déconseillé aux habitants de participer aux lieux de deuil, etc.

Pour lui, dans ces milieux, les gestes barrières et les mesures sanitaires ne sont pas respectées. D’où des contaminations en masse.

Comme on peut le voir, les leaders politiques, nombreux en tout cas viennent avec leurs masques; mais sont entourés par ces centaines de milliers d’adeptes qui sont collés sur eux-mêmes et sans masques.

Nombreux notent que ce comportement est tout simplement irresponsable à l’heure actuelle; où la priorité devrait être la protection des habitants contre la mortelle maladie.

Lire aussi Butembo: malgré la répression de la police, les membres Lamuka ont tenu leur marche

Quoi qu’il en soit, les leaders politiques comme Jean-Pierre Bemba, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et tous les autres peuvent se réjouir d’avoir prouvé leur force par la mobilisation. Une mobilisation qui ne pourrait pas se poursuivre si des morts en cascade pour cause de coronavirus s’invitait chez leurs partisans.

Ne pouvons-nous pas penser à une autre forme d’expression à l’heure actuelle ? A défaut, est-il impossible de conditionner la participation à la manifestation par le port du masque ?

En tout cas, à l’heure actuelle les leaders ont choisi de « sacrifier » leurs partisans et le Chef de l’Etat admire la scène, surtout quand ça fait pression aux adversaires politiques du FCC !

LaprunelleRDC

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