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    Fidèles à leur mission de formation de consciences par l’éducation civique ainsi que par l’observation électorale, les prélats catholiques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), ont encore une fois dénoncé une « catastrophe électorale » qui s’est opérée en République Démocratique du Congo.

    À travers une déclaration faite à Kinshasa le 16 janvier dernier, les évêques catholiques ont noté que le peuple congolais est aujourd’hui désillusionné et traumatisé par la façon dont ces élections ont été organisées et qui dénote d’un manque de considération à son égard.

    L’Église catholique pense que le chaos enregistré lors de cette 4ème édition des élections relève en partie de « l’obstination » de la CENI qui, au regard des contraintes dont elle était pourtant consciente, a organisé les élections par défi.

    « Notre attention porte particulièrement sur la suite à donner aux irrégularités et incidents dont l’ampleur et l’étendue font des élections du 20 décembre 2023 une catastrophe électorale, comme attesté aussi par d’autres Missions d’Observation…Ces élections ont été caractérisées, en général, par la fraude, la corruption à grande échelle, le vandalisme de matériel électoral, l’incitation à la violence, la détention illégale des DEV, l’achat des consciences, l’intolérance, l’impudicité, l’atteinte aux droits humains, à la vie humaine et à la dignité des personnes allant jusqu’à humilier publiquement la femme », dénoncent les prélats catholiques.

    La CENCO dit avoir découvert un nombre impressionnant de votes parallèles avec les machines à voter trouvées chez des particuliers. Elle redoute un plan qui était alors organisé par le pouvoir en place, ce qui pour la CENCO comporte un grand risque de rentrer au monopartisme.

    « Ces nombreuses irrégularités constatées, les incidents notés et la fraude déclarée ont sérieusement affecté les élections et entamé la confiance des électeurs », préviennent les évêques catholiques.

    Les évêques constatent qu’au stade actuel, il n’y a que plus ou moins 6% de Députés issus de l’opposition.

    « Dieu seul sait comment on y est arrivé », commentent- ils, proposant ainsi au législateur la réforme de la CENI pour assurer et garantir une bonne gouvernance électorale.

    « L’indépendance de celle-ci [CENI Ndlr] devra être bien clarifiée par rapport aux lois nationales qui régissent notre pays et aux attentes légitimes du Peuple congolais », insistent les prélats catholiques.

    Ces derniers recommandent Cours et Tribunaux de se saisir d’office de toutes les dénonciations pour invalider les fraudeurs connus qui ont été proclamés provisoirement comme élus, mais aussi de traiter les dossiers relatifs aux recours et contentieux électoraux sans complaisance.

    « Les Cours et Tribunaux doivent être au service de la justice et non des individus 
    », a exhorté la CENCO.

    Et de dénoncer : « Une justice qui fait la promotion des antivaleurs est un cancer pour la Nation ».

    L’église catholique propose l’ouverture des poursuites à l’égard des membres, cadres et agents de la CENI qui ont été complices dans la fraude électorale.

    « Il ne serait pas normal que les personnes qui ont hypothéqué l’avenir de toute une Nation se trouvent encore dans la direction de cette haute institution d’appui à la démocratie », dénonce l’église.

    Dans la foulée, les prélats catholiques exigent l’organisation urgente et dans le meilleur délai, des élections dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Kwamouth.

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