Le débat autour de l’expression « femmes légitimes », largement relayée ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, continue de susciter des réactions à Bukavu et dans plusieurs autres localités du pays. Pour le défenseur des droits humains Me Pappy Kajabika, cette tendance dépasse le cadre de l’humour et porte atteinte à la dignité, à la vie privée et aux droits des femmes mariées.

Dans une analyse rendue publique samedi 18 juillet 2026, Me Pappy Kajabika estime que les images, vidéos et montages diffusés avec la mention « les légitimes » visent principalement les femmes mariées et véhiculent des messages dégradants à leur égard.

Selon lui, il est particulièrement préoccupant de constater que ces contenus sont souvent partagés par de jeunes femmes, contribuant ainsi à alimenter des moqueries dirigées contre d’autres femmes.

« Ce qui est très négatif, c’est que ces publications et ces débats portant sur l’expression « les légitimes » sont féminisés. Très peu d’images parlent des hommes « légitimes ». Le débat est orienté contre les femmes, c’est choquant. Ces publications visent nos mamans et nos grands-mamans », déplore-t-il.

Le défenseur des droits humains considère que l’association de cette expression à des images ou vidéos qu’il qualifie de « bizarres » constitue une attaque gratuite contre les femmes mariées.

« Il faut l’avouer, ces blagues n’ont rien de drôle. Nous constatons que ces images et vidéos humilient les femmes mariées. Elles traduisent un manque de respect, banalisent leur statut et, par la même occasion, banalisent le mariage. C’est très grave », affirme Me Pappy Kajabika.

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Pour lui, ce narratif contribue à dévaloriser les femmes en fonction de leur statut matrimonial et entretient des stéréotypes susceptibles d’accentuer les divisions entre femmes mariées et célibataires.

Il estime que cette polarisation détourne l’attention des véritables enjeux liés à la promotion des droits des femmes.

« Notre société devrait être plus juste et valoriser la femme pour sa personne, pour ses choix et pour ses contributions », insiste-t-il.

Me Pappy Kajabika met également en garde contre les conséquences que peuvent entraîner ces publications sur les personnes visées. Il cite notamment l’atteinte à la vie privée, la dégradation de la dignité, la baisse de l’estime de soi, l’humiliation publique, la stigmatisation ainsi que le risque d’affaiblir la cohésion sociale en favorisant une culture de discrimination.

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Face à cette situation, il appelle à un engagement collectif afin de promouvoir une culture du respect, de l’égalité et de la responsabilité, aussi bien dans les espaces physiques que numériques.

« Les médias et les réseaux sociaux ne doivent pas être des espaces où l’on dit n’importe quoi. Nous devons les utiliser pour diffuser des messages qui favorisent la cohésion sociale. Il faut décourager les discours humiliants et encourager un dialogue respectueux », interpelle-t-il.

Ce défenseur des droits humains invite les internautes à mettre fin à ces discours qu’il juge dévalorisants, rappelant que derrière chaque femme se trouvent une histoire, une famille et une dignité qui méritent d’être respectées.

Suzanne Baleke

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