Au lendemain des incendies meurtriers qui ont frappé plusieurs quartiers de Bukavu, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, exprime sa profonde consternation face au drame de Cimpunda. Il pleure notamment les élèves morts dans l’incendie et estime que cette nouvelle tragédie renforce l’urgence de parvenir à la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Bukavu, aujourd’hui, c’est un morceau de mon cœur qui s’est brisé avec vous », écrit Vital Kamerhe dans un message consacré au drame survenu jeudi 10 septembre dans la commune de Kadutu.
L’incendie a ravagé plusieurs habitations et s’est propagé à des établissements scolaires alors que les élèves se trouvaient en plein apprentissage. Selon un rapport circonstancié des services de l’Éducation, 29 élèves sont décédés et 25 autres ont été pris en charge dans différentes structures médicales.
Le rapport indique également que les Complexes scolaires Furaha et Ujamaa, construits en bois, ont été réduits en cendres. Plus de 300 maisons voisines auraient également été détruites par les flammes. Les familles sinistrées ont dû trouver refuge notamment dans les écoles primaires Kiriza et Mavuno.
C’est ce drame qui pousse Vital Kamerhe à s’attarder particulièrement sur le sort des enfants.
« Furaha, Ujamaa… des noms qui disaient la joie et la fraternité, et qui portent aujourd’hui le poids d’un deuil que nul parent ne devrait connaître », déplore-t-il.
« Des enfants sont partis à l’école avec leurs cahiers et leurs rêves »
Le drame de Cimpunda a été marqué par la panique et la bousculade provoquées par la propagation des flammes. Le rapport de l’Éducation fait état d’enfants qui tentaient de fuir, tandis que des habitants évacuaient le secteur et que des parents accouraient pour récupérer leurs enfants dans un passage étroit.
Certains enfants seraient tombés au sol et auraient été piétinés, tandis que d’autres, bloqués à l’intérieur, auraient été victimes d’asphyxie.
Dans son message, Vital Kamerhe revient sur cette dimension particulièrement tragique du sinistre.
« Des enfants sont partis à l’école avec leurs cahiers et leurs rêves, et ne reviendront plus s’asseoir à la table familiale », écrit-il.
Il adresse ses condoléances aux familles des victimes et sa solidarité aux blessés.
« À vous, familles endeuillées, je ne dis pas que je comprends votre douleur, mais je vous dis que je la porte avec vous, comme un fils de cette terre », poursuit-il.
Aux enfants blessés, il souhaite de retrouver rapidement la santé et « la force de rire et de courir comme avant ».
Une série d’incendies qui inquiète Bukavu
Le drame de Cimpunda intervient dans un contexte de multiplication des incendies à Bukavu ces dernières semaines.
Plusieurs quartiers ont été touchés, notamment Panzi, Nyamugo, Kadutu et Cimpunda, avec d’importantes pertes en vies humaines, des maisons détruites et des familles privées de logement.
À Nyamugo, un précédent incendie avait notamment détruit des dizaines de maisons et laissé de nombreux ménages sans abri. À Panzi, d’autres familles ont également été affectées par des sinistres récents.
Cette succession de catastrophes a suscité de nombreuses réactions de la société civile et des appels à renforcer les services de secours, enquêter sur les causes des incendies et assister les familles sinistrées.
Vital Kamerhe inscrit, lui aussi, le drame de Cimpunda dans une réalité plus large, celle d’une population de l’Est déjà confrontée à l’insécurité et aux déplacements.
« La paix n’est plus une option »
Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, ces nouvelles souffrances interviennent alors que le Sud-Kivu et l’Est de la RDC sont déjà éprouvés par la guerre.
« Notre Sud-Kivu, notre Est tout entier, ploie déjà sous le poids d’une guerre qu’il n’a pas choisie, d’une occupation qui l’épuise depuis trop longtemps », affirme-t-il.
Il considère que cette accumulation d’épreuves rend la recherche de la paix encore plus urgente.
« C’est justement pour cela que la paix n’est plus une option, elle est une nécessité vitale, urgente, pour que nos populations puissent enfin panser leurs plaies, reconstruire, espérer », soutient Vital Kamerhe.
Il salue dans ce cadre les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi pour, selon lui, ramener la paix et soulager les populations de l’Est.
« Notre peuple mérite de vivre »
Alors que les familles touchées par les incendies font face à la perte de leurs proches, de leurs maisons et de leurs biens, Vital Kamerhe estime que la protection des populations doit rester au cœur de l’action publique.
« Notre peuple mérite de vivre, de scolariser ses enfants en sécurité, et de connaître enfin des jours sans drame », affirme-t-il.
Son message se termine par une adresse directe à Bukavu, sa ville natale : « Tu n’es pas seul. Tout le Congo pleure avec toi, et tout le Congo se lèvera pour que la paix te soit enfin rendue. »
