La situation humanitaire des personnes déplacées dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, continue de se détériorer sous l’effet des affrontements armés dans les hauts plateaux. L’administrateur du territoire, Samy Kalondji Badibanga, alerte sur les conditions de vie extrêmement précaires des déplacés internes et externes et appelle les autorités nationales ainsi que les partenaires humanitaires à intervenir en urgence.

Contacté ce jeudi 9 juillet 2026 par La Prunelle RDC, l’administrateur de territoire affirme que des milliers de personnes vivent dans des conditions qu’il qualifie de « non humaines », en raison de l’insuffisance de l’assistance humanitaire.

Lire aussi : Kalehe : la Société Civile de Mushushu alerte sur la détérioration de la situation humanitaire après les affrontements

Selon lui, ces déplacements de populations sont directement liés aux combats qui opposent actuellement l’AFC-M23 aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les hauts plateaux de Fizi.

Samy Kalondji Badibanga souligne que la situation des civils blessés est particulièrement préoccupante. Si certains reçoivent des premiers soins, la majorité ne peut bénéficier d’une prise en charge médicale adéquate en raison du manque de médicaments, de structures sanitaires adaptées et de moyens financiers.

« Ces derniers n’ont pas de moyens pour leur prise en charge complète. Faute de médicaments et de structures adaptées, leur état de santé se détériore de jour en jour », déplore-t-il.

L’autorité territoriale indique que les déplacés se sont principalement regroupés dans cinq grandes zones : Mukera, Kananda, Lumanya, Fizi-Centre et Kichula, situées dans le groupement de Bashimukuma Nord, secteur de Mutambala.

Selon lui, une partie importante des déplacés est hébergée par des familles d’accueil, tandis que d’autres vivent dans des abris de fortune dépourvus d’eau potable, de nourriture et d’accès aux soins de santé.

« De nombreux déplacés sont fatigués, logés dans des familles d’accueil. Une grande partie se construisent des camps de fortune sans eau potable, sans nourriture et sans accès aux soins », explique-t-il.

L’administrateur met également en garde contre la dégradation de la situation sanitaire dans les sites de déplacement. Il évoque une recrudescence des risques de choléra et de rougeole, particulièrement chez les enfants, en raison des mauvaises conditions d’hygiène.

Lire aussi : RDC : l’AFC-M23 accuse Kinshasa de violations répétées du cessez-le-feu et alerte sur la situation humanitaire à Minembwe

« Les victimes sont nombreuses, surtout parmi les enfants, déjà affectés par ces maladies », regrette Samy Kalondji Badibanga.

Face à cette crise, l’administrateur de Fizi appelle le gouvernement congolais à mobiliser rapidement une assistance humanitaire en faveur des déplacés, à assurer la prise en charge des blessés et à garantir des enterrements dignes aux personnes décédées.

Il exhorte également les organisations internationales à intensifier leurs interventions humanitaires dans cette partie du Sud-Kivu et demande qu’elles exigent le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.

Cette alerte intervient alors que la situation sécuritaire demeure tendue dans les hauts plateaux de Fizi, où les affrontements continuent de provoquer d’importants déplacements de populations et d’aggraver la crise humanitaire.

Divine Busime

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.