L’année scolaire 2025-2026 s’est officiellement achevée ce jeudi 2 juillet 2026 dans l’ensemble de la province du Sud-Kivu, malgré un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante. Si les établissements scolaires sont parvenus à clôturer l’année, les responsables éducatifs dressent le bilan d’une période particulièrement éprouvante.

Interrogés par La Prunelle RDC, plusieurs chefs d’établissements et enseignants des territoires de Kabare, Kalehe et Walungu indiquent que l’insécurité a constitué le principal défi de cette année scolaire. Les affrontements armés ont provoqué des interruptions temporaires des cours dans plusieurs écoles, contraignant les responsables à réaménager le calendrier scolaire afin d’éviter une année blanche.

Lire aussi : Sud-Kivu 3 : clôture de l’année scolaire 2025-2026, le ministère salue la résilience du système éducatif

À ces perturbations se sont ajoutés les abandons scolaires. Dans les écoles secondaires, de nombreux élèves ont quitté les bancs de l’école en raison des difficultés économiques et de l’incapacité des familles à payer les frais scolaires. Au niveau primaire, les déplacements de population liés à l’insécurité figurent parmi les principales causes de déscolarisation.

À Katana, dans le territoire de Kabare, le préfet de l’Institut Faida, Hénoc Naceya Mapenzi, affirme que l’année s’est clôturée dans un climat relativement serein, malgré de nombreuses difficultés.

« Nous avons évolué au cours de l’année avec beaucoup de difficultés. Le manque de moyens financiers a entraîné plusieurs abandons, surtout au niveau secondaire. Les affrontements ont également perturbé le déroulement des cours. Certains élèves ont fui pendant les combats et ne sont jamais revenus. Malgré la crise monétaire et alimentaire qui a touché notre entité, nous sommes parvenus à terminer l’année et à publier les résultats », explique-t-il.

À l’Institut Kayandja, dans le groupement de Bugorhe en territoire de Kabare, le représentant des enseignants, Justin Zahiga, reconnaît que l’ensemble du programme n’a pas pu être couvert. Toutefois, des séances de rattrapage ont été organisées pour limiter les retards.

« Nous avons eu des difficultés à achever complètement le programme. En moyenne, près des trois quarts des matières prévues ont été enseignés grâce aux efforts de rattrapage », indique-t-il.

À Walungu, un enseignant du Lycée Mulezi Wabana estime que le minimum requis pour l’année scolaire a été atteint. Il relève néanmoins que plusieurs élèves originaires de Kanyola et d’autres localités touchées par les affrontements ont abandonné les études après avoir été déplacés.

À Kalehe, le préfet de l’Institut Ruharaga, Pacifique Kalugurha, évoque également plusieurs difficultés, notamment le manque de rémunération des enseignants, la situation des nouvelles unités non mécanisées ainsi que l’insécurité.

Lire aussi : Goma : les élèves saluent la qualité des enseignements à la clôture de l’année scolaire 2025-2026

Selon lui, le problème le plus marquant cette année a toutefois été le retard dans la livraison des bulletins scolaires.

« Nous avons proclamé les résultats sans disposer des bulletins, alors que les frais avaient déjà été payés par les parents. Les bulletins des classes de septième, huitième et quatrième ne nous sont parvenus que deux jours avant la proclamation », déplore-t-il.

Au regard de ces difficultés, les responsables scolaires appellent le Gouvernement congolais et ses partenaires à renforcer les mesures de sécurité afin de permettre aux élèves d’étudier dans un environnement stable et sécurisé. Ils plaident également pour une meilleure prise en charge du secteur éducatif, notamment par la régularisation de la situation des enseignants et une amélioration de la gestion logistique des établissements scolaires.

Divine Busime et Ornella Bishenge (stagiaire)

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.