Le Procureur général près la Cour de cassation a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et le lancement d’investigations qu’il qualifie de « rigoureuses » afin de faire la lumière sur les incidents survenus lors du sit-in organisé le 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple à Kinshasa par la Coalition Article 64 (C64), regroupement des partis politiques de l’opposition.
Dans un communiqué rendu public, le Parquet général près la Cour de cassation indique que ces enquêtes visent à établir les responsabilités pénales liées aux dégâts matériels et humains enregistrés lors de cette manifestation.
« Il a été procédé à l’ouverture d’une information judiciaire au cours de laquelle des investigations rigoureuses sont en cours, en vue d’établir les responsabilités pénales relatives aux dégâts tant matériels qu’humains enregistrés lors de cette manifestation », précise le communiqué.
Selon la même source, la collecte des données objectives et fiables permettra de déterminer avec exactitude les circonstances dans lesquelles les événements se sont déroulés et, le cas échéant, d’engager des poursuites contre tout auteur, coauteur ou complice avéré.
« Dans cette optique, il est actuellement procédé à la reconstitution des faits, tant en amont qu’en aval, en lien direct avec lesdits événements. Cette démarche vise à aboutir à des conclusions fondées sur des éléments objectifs, dans le strict respect de la loi et des droits de chacun », ajoute le Parquet général.
Le Procureur général près la Cour de cassation met également en garde contre la propagation de rumeurs et d’informations non vérifiées. Il rappelle que la diffusion de fausses informations constitue une infraction passible de poursuites judiciaires.
« Toute personne qui se rendrait coupable de la propagation de rumeurs, d’allégations mensongères ou d’informations infondées s’expose à des poursuites pour propagation de faux bruits », prévient l’autorité judiciaire.
Le Parquet général assure, par ailleurs, sa détermination à faire toute la lumière sur ces incidents et à veiller au maintien de l’ordre public ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens.
De son côté, la Coalition Article 64 affirme que le sit-in du 12 juin a fait deux morts, 552 blessés, 27 personnes disparues et 29 arrestations. L’opposition accuse les forces de sécurité et des militants de la « Force du Progrès » d’avoir réprimé la manifestation.
Les autorités gouvernementales ont, quant à elles, présenté un bilan différent, faisant état d’une vingtaine de blessés, dont 15 policiers et cinq civils, ainsi que de plusieurs dégâts matériels.
L’ouverture de cette information judiciaire intervient dans un contexte de controverse autour des circonstances et du bilan réel des incidents ayant émaillé cette manifestation organisée par la C64 pour dénoncer le projet de loi référendaire adopté par l’Assemblée nationale.
