À l’occasion de la Journée internationale des femmes ingénieures, célébrée chaque 23 juin, les professionnels du secteur mettent en lumière la contribution croissante des femmes dans les domaines techniques et scientifiques à Goma, où elles participent de plus en plus à la conception et à la mise en œuvre de projets d’infrastructures et d’innovations technologiques.
Dans une ville confrontée à une urbanisation rapide et à des besoins croissants en services essentiels, les femmes ingénieures s’imposent progressivement comme des actrices clés dans les secteurs de la construction, de l’énergie et des nouvelles technologies.
Pour Divine Malira, directrice du bureau d’études d’Etram Construction RDC, les progrès enregistrés sont encourageants. Elle souligne une présence accrue des jeunes filles dans les filières techniques et scientifiques.
« On observe une réelle amélioration. Les filles sont de plus en plus nombreuses dans les facultés techniques, comme à l’ULPGL où je poursuis actuellement mon master », explique-t-elle, estimant que la présence des femmes dans ces métiers apporte une diversité d’approches favorable à l’innovation.
Parmi les réalisations mises en avant figure le robot-roulage solaire installé au rond-point Instigo à Goma. Cette innovation, conçue par une ingénieure fondatrice de l’organisation Women’s Technology, contribue à la régulation du trafic dans l’un des carrefours les plus fréquentés de la ville et permet de limiter certains abus liés aux contrôles routiers traditionnels.
Malgré ces avancées, les femmes restent encore minoritaires dans plusieurs filières scientifiques. Une situation que refuse d’accepter Clautida Kiriza, ingénieure en informatique de gestion.
« Nous devons nous approprier ces domaines techniques pour ouvrir la voie. Nos mères n’ont pas eu cette chance ; nous le faisons pour que les générations futures puissent s’identifier à notre parcours », affirme-t-elle.
Selon plusieurs observateurs, la montée en puissance des femmes ingénieures constitue un atout pour le développement du Nord-Kivu. Le renforcement des compétences locales pourrait contribuer à apporter des réponses aux défis liés aux infrastructures et à l’énergie.
Les spécialistes du secteur appellent ainsi à renforcer les politiques d’accompagnement et d’orientation des jeunes filles vers les carrières scientifiques. Pour eux, investir dans l’expertise féminine revient non seulement à élargir le vivier de compétences disponibles, mais également à favoriser la construction d’une ville plus moderne, inclusive et innovante.
