Avec la clôture de l’année scolaire 2025-2026, les élèves de Goma profitent des vacances scolaires. Si certains participent à des colonies de vacances ou voyagent avec leurs familles, d’autres passent leurs journées à exercer de petits métiers pour contribuer aux revenus de leurs ménages. Une situation qui met en évidence les inégalités auxquelles sont confrontés les enfants durant cette période de congé.

Selon les observations réalisées sur le terrain, plusieurs établissements scolaires, églises et associations organisent des colonies de vacances destinées à offrir aux enfants un cadre de détente, d’apprentissage et d’épanouissement. À travers des activités éducatives, culturelles, sportives et récréatives, ces programmes contribuent au développement intellectuel, social, physique et moral des participants.

Lire aussi : Sud-Kivu : des enseignants encouragent l’inscription des élèves dans des centres d’apprentissage pendant les vacances

Cependant, ces activités restent inaccessibles à de nombreux enfants issus de familles à faibles revenus. Faute de moyens financiers, certains passent leurs vacances à collecter des bouteilles en plastique et des métaux dans les rues de Goma afin de gagner un peu d’argent.

Selon les témoignages recueillis, les bouteilles en plastique sont revendues à différents commerçants. Certains vendeurs d’huile les échangent contre une bouteille d’huile après la collecte de dix grandes bouteilles, tandis que des vendeurs de carburant ou de jus les rachètent contre de l’argent ou d’autres produits.

Les métaux récupérés sont quant à eux vendus au kilogramme à des commerçants qui les acheminent notamment vers Kampala. Une partie des bouteilles plastiques est également destinée à la fabrication de pavés écologiques.

Plusieurs enfants expliquent exercer ces activités pour aider leurs parents à subvenir aux besoins de leurs familles.

Si ces petits métiers permettent à certains ménages de compléter leurs revenus, ils exposent également les enfants à de nombreux risques.

Les spécialistes de la protection de l’enfance soulignent que le travail des enfants pendant les vacances peut entraîner une fatigue physique importante, une baisse des performances scolaires à la rentrée, des accidents de circulation, des problèmes de santé, ainsi que des risques de violences, d’exploitation, de harcèlement et de mauvaises fréquentations. Il peut également priver les enfants de leur droit au repos, aux loisirs et au jeu.

Lire aussi : Nord-Kivu : une année scolaire 2025-2026 sans grève, jugée exceptionnelle dans la sous-division Rutshuru 4 malgré l’insécurité

Face à cette réalité, plusieurs acteurs appellent les autorités à renforcer les mécanismes de protection de l’enfance, à soutenir les familles les plus vulnérables et à développer davantage d’activités de vacances accessibles à tous les enfants. Ils recommandent également d’intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des parents et de veiller à l’application effective des lois relatives à la protection de l’enfant afin de garantir son droit à l’éducation, à la sécurité, aux loisirs et à son plein épanouissement.

Maria Yossa

Share.
Leave A Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.