Les violences sexuelles, les attaques contre les populations civiles, les restrictions de l’espace civique ainsi que les menaces visant les journalistes et les défenseurs des droits humains continuent de marquer la situation des droits humains en République démocratique du Congo. C’est le constat dressé par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) dans son rapport sur les principales tendances observées au mois d’avril 2026.

Selon le BCNUDH, 37 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été documentés durant cette période, touchant 52 victimes, parmi lesquelles 36 femmes et 16 filles.

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Bien que ce chiffre soit inférieur aux 70 victimes enregistrées au mois de mars, l’institution onusienne souligne que ces violences continuent d’être utilisées comme une arme de représailles dans les zones de conflit.

Le Nord-Kivu demeure la province la plus touchée avec 60 % des victimes, suivi de l’Ituri (31 %) et du Sud-Kivu (8 %).

Le rapport attribue ces violences aussi bien à des groupes armés qu’à des acteurs étatiques. Les FARDC sont citées dans 15 victimes, tandis que le M23 est mis en cause dans 12 cas, devant les ADF (6) et les groupes Maï-Maï (4).

Le BCNUDH relève également que les affrontements entre les FARDC alliées aux Wazalendo et l’AFC-M23 appuyée par les forces armées rwandaises ont continué dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec un usage récurrent de drones et d’artillerie lourde.

En parallèle, les attaques des ADF ainsi que la reprise des violences menées par la CODECO et la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) dans le territoire de Djugu ont aggravé la situation humanitaire.

Ces violences ont entraîné des exécutions sommaires, des enlèvements, des déplacements forcés de populations et des pillages.

Au total, le BCNUDH a documenté 382 violations et atteintes aux droits humains durant le mois d’avril. Même si ce chiffre est inférieur à celui de mars, l’organisation insiste sur le fait que cette baisse ne traduit pas nécessairement une amélioration de la situation, plusieurs zones restant inaccessibles aux équipes de documentation.

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Le rapport met également en lumière les restrictions persistantes de l’espace civique. Douze violations affectant 23 victimes ont été recensées, principalement en lien avec les libertés d’expression, de manifestation et de réunion pacifique ainsi que le droit à la sécurité.

Les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Kongo Central sont les plus concernées, tandis que les groupes armés sont identifiés comme les principaux responsables.

Le BCNUDH indique aussi avoir documenté huit cas concernant des défenseurs des droits humains et des journalistes ayant fait l’objet de menaces ciblées, illustrant les risques auxquels ces acteurs continuent d’être exposés.

Sur le volet de la lutte contre l’impunité, 66 affaires ont été traitées devant les juridictions militaires impliquant des militaires des FARDC, des policiers de la PNC et des civils.

Le mois d’avril s’est soldé par la condamnation à la peine de mort de trois militaires des FARDC, trois policiers et quatre civils. Par ailleurs, 23 victimes, dont 12 femmes, ont bénéficié de mesures de protection judiciaire avec l’appui du BCNUDH.

Le Bureau conjoint rappelle enfin avoir poursuivi ses activités de renforcement des capacités en organisant sept formations au profit des autorités judiciaires, administratives, sécuritaires et des organisations de la Société Civile.

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Ces sessions ont réuni 188 participants, dont 55 femmes, autour de la prévention des violations des droits humains, de la documentation des cas, de la protection des défenseurs des droits humains ainsi que du respect des normes internationales applicables au maintien de l’ordre et au traitement des personnes privées de liberté.

Jean-Luc M.

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