Trente journalistes de Bukavu, Kabare et Nyangezi ont participé ce jeudi 21 mai 2026 à une formation axée sur le renforcement de l’éthique des médias dans la couverture des crises humanitaires, dans un contexte marqué par la multiplication des situations d’urgence dans la province du Sud-Kivu.
Organisé à l’hôtel Bulungu, dans la commune d’Ibanda à Bukavu, cet atelier a été initié par les synergies RATECO et REMEL avec l’appui financier de la Benevolencija.
La rencontre a réuni 30 journalistes, dont 23 venus de la ville de Bukavu et 7 des territoires de Kabare et Nyangezi, tous impliqués dans le traitement médiatique des questions humanitaires.
Selon les organisateurs, cette initiative vise à renforcer les capacités des professionnels des médias sur les principes de protection des victimes, la gestion responsable de l’information ainsi que la lutte contre les fausses informations dans des contextes sensibles.
Dans une province régulièrement confrontée aux conflits armés, aux déplacements de populations, aux catastrophes et aux crises sanitaires, les médias jouent un rôle important dans l’information du public, l’orientation des réponses communautaires et le suivi des actions humanitaires.
Cependant, les organisateurs rappellent qu’une mauvaise couverture médiatique peut également avoir des conséquences graves sur les victimes, notamment à travers la stigmatisation, l’exposition des identités sensibles, les représailles ou encore la revictimisation.
Ils soulignent également que la propagation rapide des rumeurs et des fausses informations sur les réseaux sociaux peut accentuer les tensions dans un environnement déjà fragile.
Durant cette formation, les participants ont été sensibilisés aux principes directeurs d’une couverture médiatique éthique et responsable des crises humanitaires.
L’atelier a combiné des exposés interactifs, des études de cas et plusieurs exercices pratiques permettant aux journalistes de travailler sur des situations concrètes rencontrées sur le terrain.
Les participants ont notamment analysé des scénarios liés aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, aux interviews de victimes ou encore à la diffusion d’images non vérifiées.
Ils ont également été amenés à produire des contenus respectant les standards de protection des personnes vulnérables et à élaborer de petites procédures internes applicables dans leurs rédactions.
Les échanges ont permis aux journalistes de confronter leurs pratiques quotidiennes aux exigences éthiques du métier, particulièrement dans les situations de crise.
Les exercices pratiques ont aussi mis en évidence l’importance de la vérification des sources avant toute publication ainsi que la nécessité de préserver l’identité et la dignité des victimes dans les reportages.
Les organisateurs ont insisté sur le fait que, dans un contexte sensible, chaque mot, chaque image ou chaque information diffusée peut avoir des conséquences directes sur la sécurité des victimes et sur la cohésion sociale.
À travers cette formation, les journalistes membres des synergies RATECO et REMEL se sont engagés à promouvoir une information fiable, vérifiée et respectueuse des principes éthiques.
Pour les initiateurs, cette activité contribue au renforcement d’une presse plus responsable et plus résiliente dans une province régulièrement confrontée aux crises humanitaires et sécuritaires.
