Les perturbations des réseaux de télécommunication Airtel, Orange, Vodacom et Africell, signalées depuis près d’une semaine à Bukavu et dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, suscitent de vives inquiétudes parmi les habitants et les acteurs sociaux qui appellent à un rétablissement urgent des services de communication.

À Bukavu, les dysfonctionnements affectent particulièrement les activités économiques dépendantes d’Internet et des services de mobile money. Assis sous son parasol, plusieurs téléphones en main et de l’argent sur sa table, Norbert Mushagalusa, agent de services financiers mobiles, affirme subir d’importantes pertes depuis quatre jours.

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« Ces derniers temps, la connexion n’est pas bonne. Chez nous qui faisons les transactions Airtel Money, Orange et Vodacom, ces dysfonctionnements impactent nos activités. Personnellement, je passe des journées sans rien faire. Nous souffrons beaucoup. C’est seulement Airtel qui fonctionne un peu, mais les autres réseaux n’affichent même pas la connexion », confie-t-il.

Même constat chez les étudiants. Rencontrée sur le boulevard Patrice Lumumba, Queen Gisèle, étudiante en médecine à l’Université Catholique de Bukavu, explique que les perturbations l’empêchent d’accéder aux informations académiques et de communiquer avec ses clients en ligne.

« J’utilise la connexion Orange, mais depuis trois jours elle est perturbée et cela m’affecte négativement. J’ai souscrit un forfait mensuel et les mégas qui restent risquent d’expirer gratuitement. Même pour mon activité en ligne, il est devenu impossible de communiquer avec mes clients », déplore-t-elle.

La situation est également signalée dans la ville d’Uvira ainsi que dans plusieurs localités des territoires d’Uvira et de Fizi. Dans une lettre de dénonciation parvenue à La Prunelle RDC, le Mouvement citoyen Machozi ya Raiya (MCMR-RDC) dénonce une « absence prolongée des réseaux de télécommunication » et exprime sa préoccupation face à ce qu’il qualifie de qualité « médiocre » des services fournis par les opérateurs.

Selon cette structure citoyenne, ces perturbations, qui durent depuis plus d’une semaine dans certaines zones, portent atteinte au droit à l’information et à la communication garanti par l’article 24 de la Constitution.

« Cette situation compromet également la sécurité des populations en empêchant les habitants d’alerter les services compétents en cas d’urgence, mettant ainsi en danger la vie des civils dans un contexte marqué par l’insécurité », souligne le mouvement.

Face aux conséquences de ces dysfonctionnements, le MCMR-RDC annonce avoir engagé une série de consultations avec les responsables des sociétés de télécommunication ainsi qu’avec les autorités compétentes afin d’obtenir des explications et des solutions urgentes.

Les acteurs de cette structure appellent les opérateurs à prendre toutes les dispositions nécessaires pour rétablir rapidement les services de communication.

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À Bukavu comme dans certains territoires, plusieurs utilisateurs affirment avoir acheté des forfaits Internet sans pouvoir accéder à la connexion ni effectuer des opérations de mobile money, devenues essentielles depuis la fermeture des banques intervenue quelques jours avant l’occupation rebelle.

Pour de nombreux habitants, ces perturbations mettent en lumière les défis auxquels fait face le secteur des télécommunications en République démocratique du Congo et rappellent la nécessité de renforcer la protection des droits des consommateurs.

Séraphin Mapenzi

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