À l’occasion de la Journée internationale des veuves célébrée ce 23 juin, les Nations unies réitèrent leur appel en faveur du respect des droits et de l’autonomisation économique des veuves à travers le monde. À Goma, plusieurs femmes vivant cette réalité dénoncent des conditions de vie difficiles et plaident pour des mesures concrètes en faveur de leur prise en charge.

Après la perte de leur conjoint, de nombreuses veuves de la ville sont confrontées à des défis liés à la survie quotidienne, notamment l’alimentation, la scolarisation des enfants et l’accès aux soins de santé. Une situation qui les expose davantage à la précarité et à l’exclusion sociale.

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Rencontrée par La Prunelle RDC, maman Kavira Clautilde, responsable d’un collectif de veuves du quartier Lac Vert, témoigne des difficultés qu’elle endure depuis le décès de son mari, il y a dix-huit ans.

« Je vis le veuvage depuis 18 ans. C’est une vie pénible. Dès la maladie de mon mari, sa propre famille m’a abandonnée. J’ai dû tout vendre pour tenter de le soigner, jusqu’à notre maison qui a fini par prendre feu. Je me suis retrouvée seule avec neuf enfants, sans aucun secours », raconte-t-elle.

Pour assurer la survie de sa famille, elle affirme recourir à des travaux occasionnels et à des activités de subsistance.

« Certains de mes enfants parcourent les quartiers à la recherche de sacs vides à revendre, juste pour avoir de quoi manger. Moi-même, je travaille parfois dans les champs, non pas pour de l’argent, mais en échange d’un peu de nourriture. La scolarisation de mes plus jeunes est devenue un mirage », explique-t-elle.

Selon elle, plusieurs veuves de Goma vivent dans des conditions similaires et se sentent abandonnées faute de mécanismes d’accompagnement adaptés.

Au-delà d’une assistance ponctuelle, ces femmes plaident pour des initiatives susceptibles de favoriser leur autonomie économique.

« Ma priorité est l’éducation de mes enfants. Si les autorités, les organisations ou des personnes de bonne volonté pouvaient les scolariser et m’appuyer pour lancer un petit commerce ou un élevage domestique, je pourrais enfin subvenir aux besoins de mon foyer. Ce serait pour moi une véritable renaissance », ajoute maman Kavira.

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À travers cet appel, les veuves de Goma réclament un meilleur accès aux opportunités économiques, un renforcement de la protection sociale et une reconnaissance accrue de leur rôle au sein de la famille et de la société.

En cette Journée internationale des veuves, elles espèrent que les messages de solidarité se traduiront par des actions concrètes en faveur de leur dignité et de leur autonomie.

Christelle Omoyi

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