À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, célébrée chaque 30 juillet, les acteurs de la lutte contre ce phénomène attirent l’attention sur les nouvelles formes d’exploitation qui touchent les populations vulnérables. En République démocratique du Congo, les escroqueries liées aux fausses offres d’emploi figurent parmi les pratiques qui gagnent du terrain, profitant notamment de la précarité et du chômage des jeunes.
À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, plusieurs jeunes affirment avoir été victimes de personnes se faisant passer pour des recruteurs ou des intermédiaires promettant des emplois bien rémunérés.
Selon plusieurs témoignages, les auteurs de ces escroqueries utilisent différentes méthodes, notamment le piratage de comptes ou de numéros de téléphone, l’envoi de faux messages de recrutement et des demandes de paiements anticipés, présentés comme des frais de confirmation, de dossier ou d’équipement.
Les victimes, souvent en quête d’un premier emploi ou d’une meilleure opportunité professionnelle, sont amenées à transférer de l’argent avant de découvrir que l’offre n’existe pas.
« Mon beau-frère m’a dit qu’il avait été piraté »
Habitante du quartier Nkafu, dans la commune de Kadutu, Carine Bisimwa raconte avoir été victime d’une escroquerie après avoir reçu un message provenant d’un numéro qu’elle croyait être celui de son beau-frère.
« J’ai reçu un message d’un numéro qui semblait être celui de mon beau-frère. La personne m’a dit qu’il m’avait recommandée pour un emploi chez Pharmakina avec un salaire de 450 dollars. Mais il fallait d’abord envoyer 20 dollars via Airtel Money pour confirmer la place », témoigne-t-elle.
Après ce premier paiement, les escrocs lui auraient demandé une somme supplémentaire.
« Après avoir envoyé les 20 dollars, on m’a demandé encore 80 dollars pour acheter les tenues de travail, car le boulot devait commencer le lendemain. J’ai envoyé. C’est après que mon beau-frère m’a dit que son numéro avait été piraté », explique-t-elle.
À Bukavu, plusieurs jeunes rapportent des expériences similaires. Ces pratiques accentuent la précarité de personnes déjà confrontées au manque d’opportunités professionnelles et alimentent un climat de méfiance.
Les auteurs de ces escroqueries exploitent l’espoir de décrocher un emploi pour soutirer de l’argent à leurs victimes, une forme de manipulation qui porte atteinte à leur dignité et à leur sécurité économique.
Pour l’édition 2026 de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains, le thème retenu est : « Derrière les escroqueries, des personnes prises au piège ».
À travers ce thème, les Nations unies mettent en lumière les nouvelles formes d’exploitation liées aux escroqueries, notamment celles qui utilisent de fausses offres d’emploi pour attirer des victimes.
Face à ce phénomène, plusieurs acteurs appellent à renforcer la sensibilisation des jeunes, à développer les mécanismes de prévention et à encourager la vérification systématique des offres d’emploi avant tout paiement, afin de limiter les risques d’arnaques et de protéger les personnes en quête d’un emploi.
