À Goma, au Nord-Kivu, la crise économique continue de peser sur les activités commerciales. De nombreux petits commerçants affirment enregistrer une baisse significative de leurs revenus, une situation qu’ils attribuent principalement à la diminution du pouvoir d’achat de la population, dans un contexte marqué par l’insécurité et les conséquences de la guerre.

Pour plusieurs vendeurs rencontrés dans la ville, les recettes quotidiennes ne permettent plus de couvrir les besoins essentiels de leurs ménages.

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Mme Sifa, vendeuse de lessive Omo, explique que son activité, autrefois rentable, ne lui permet plus de subvenir aux besoins de sa famille.

« Depuis le début de la guerre, nous ne vendons plus comme avant. Je marche des kilomètres avec ma marchandise sans rien vendre. Avant, nos revenus nous permettaient au moins de payer la scolarité des enfants. Aujourd’hui, nous ne gagnons presque plus rien et nos enfants risquent de souffrir de la faim », témoigne-t-elle.

Selon elle, la baisse des ventes s’explique par les difficultés financières auxquelles font face les ménages, qui privilégient désormais les dépenses les plus indispensables.

Même constat chez une vendeuse de carottes. Elle affirme parcourir quotidiennement la distance entre Majengo et le Terminus sans parvenir à écouler toute sa marchandise.

Face à la rareté des clients, elle dit être contrainte de réduire progressivement ses prix afin d’éviter des pertes.

« Avant la guerre, je vendais une carotte à 500 francs congolais et j’écoulais rapidement toute ma marchandise. Aujourd’hui, nous vendons deux carottes à 500 francs. Si les clients ne viennent toujours pas, nous sommes obligés de vendre trois carottes à 500 francs ou six à 1.000 francs pour limiter les pertes », explique-t-elle.

Selon cette commerçante, cette baisse des prix ne permet toutefois pas de compenser la diminution de la clientèle, ce qui réduit davantage leurs marges bénéficiaires.

Dans l’ensemble, les petits commerçants de Goma estiment que la combinaison de la baisse du pouvoir d’achat, de la diminution de la clientèle et de la chute des prix de vente fragilise leurs activités ainsi que les conditions de vie de leurs familles.

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Ils appellent les autorités et les acteurs concernés à mettre en œuvre des mesures susceptibles de relancer l’économie locale, de restaurer le pouvoir d’achat des ménages et de créer un environnement favorable à la reprise des activités commerciales.

Maria Yossa

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