Le gouvernement provincial du Sud-Kivu, installé provisoirement à Uvira, appelle les organisations humanitaires présentes dans la province à renforcer leur assistance en faveur des victimes des incendies à Bukavu. Dans un communiqué daté du 7 septembre 2026, l’exécutif provincial estime que les sinistrés ne doivent pas « devenir des victimes oubliées » de la crise qui secoue actuellement la province.
Le gouvernement provincial dit exprimer sa profonde consternation, sa compassion et son indignation face à la recrudescence des incendies qui, depuis 2025, ravagent plusieurs quartiers de la ville de Bukavu.
Selon l’exécutif provincial, ces sinistres ont entraîné la destruction de milliers d’habitations et de biens, des pertes en vies humaines ainsi que le déplacement de nombreuses familles.
À ce jour, plus de 2.500 maisons auraient déjà été détruites dans différents quartiers de Bukavu. Au cours des mois de juillet, août et au début du mois de septembre, des incendies ont notamment été signalés à Nguba, Quartier Latin, Panzi, Nkafu, Nyamugo, Cimpunda et Buholo, ainsi que dans plusieurs autres avenues des trois communes de la ville.
Des familles plongées dans la précarité
Dans son communiqué, signé par Didier Kabi, porte-parole du gouvernement provincial, l’exécutif souligne que derrière ces chiffres se trouvent des familles ayant perdu leurs habitations, leurs effets personnels, leurs économies, leurs commerces et leurs capitaux.
Certaines familles auraient également perdu des proches dans ces différents sinistres.
« Beaucoup de sinistrés vivent aujourd’hui dans une situation de grande précarité, sans abri et sans moyens suffisants pour reconstruire leur vie », déplore le gouvernement provincial.
L’exécutif provincial, dirigé par Jean-Jacques Purusi Sadiki, rappelle par ailleurs que la ville de Bukavu demeure sous le contrôle de l’Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 Mars (AFC-M23).
Dans ce contexte, il se dit préoccupé de constater que, face à la répétition des incendies, les autorités actuellement en place ne sembleraient pas mettre en œuvre les mesures nécessaires de prévention, d’alerte et d’intervention d’urgence pour protéger les populations civiles et leurs biens.
La répétition des incendies, leur ampleur, les circonstances dans lesquelles certains se produisent ainsi que les restrictions qui suivraient certaines catastrophes suscitent, selon l’exécutif provincial, des interrogations au sein de la population.
Un appel à la communauté internationale
Face à cette situation, le gouvernement provincial du Sud-Kivu lance un appel solennel à la Communauté internationale, aux Nations Unies, aux organisations régionales et internationales de défense des droits humains ainsi qu’aux partenaires humanitaires afin qu’une attention urgente soit accordée à la situation de Bukavu.
L’exécutif provincial demande notamment la mise en place d’un mécanisme indépendant d’enquête et de documentation sur les incendies récurrents à Bukavu, la documentation des pertes en vies humaines, des destructions de maisons et des biens des populations sinistrées, la protection des droits de propriété et des droits fonciers des personnes affectées, la prévention de toute occupation ou réattribution irrégulière des parcelles abandonnées ou détruites, l’accès humanitaire aux familles sinistrées et l’organisation d’une assistance d’urgence, la surveillance de tout mouvement ou changement démographique résultant des déplacements forcés de populations, l’établissement des responsabilités de tous les acteurs impliqués, quels qu’ils soient.
Défendre les droits des populations sinistrées
Par ailleurs, l’exécutif provincial exprime sa compassion aux familles endeuillées, aux personnes ayant perdu leurs maisons et leurs biens, ainsi qu’aux commerçants et entrepreneurs dont les capitaux ont été réduits en cendres.
« Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu réaffirme son engagement à documenter ces événements et à défendre, dans le respect du droit national et du droit international, le droit des populations du Sud-Kivu à vivre en sécurité sur leurs terres et dans leurs communautés », déclare Me Luganywa Kabi Didier.
Le gouvernement appelle enfin les habitants à demeurer vigilants, à documenter tout incident et à transmettre, par des voies sécurisées, toute information susceptible de contribuer à l’établissement de la vérité.
« La situation de Bukavu exige désormais plus que de la compassion : elle exige la vérité, la protection des civils, la justice et l’action », conclut l’exécutif provincial.
