À Cimpunda, dans la commune de Kadutu à Bukavu, le feu est éteint, mais ses conséquences continuent de bouleverser la vie de centaines de familles. Plus de 300 ménages restent sans abri plusieurs jours après le violent incendie qui a fait plus de 27 morts. Sur place, des sinistrés dorment à même le sol, sous des abris de fortune ou chez des proches. Avec les pluies qui s’installent, leurs conditions de vie deviennent chaque jour plus préoccupantes.

La nuit tombe sur Cimpunda, mais pour plusieurs familles sinistrées, il n’est toujours pas question de retrouver le confort d’une maison. Depuis l’incendie, leur quotidien se résume à chercher un endroit où dormir, quelque chose à manger et de quoi se protéger de la pluie.

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Une descente effectuée ce mercredi 16 septembre 2026 par La Prunelle RDC Bukavu permet de mesurer l’ampleur de la situation. Dans plusieurs endroits touchés par les flammes, les traces du drame restent visibles. Mais surtout, des familles continuent de vivre dehors, quelques jours seulement après avoir perdu leurs maisons et leurs biens.

Certaines ont fabriqué de petits abris avec les matériaux qu’elles ont pu récupérer après l’incendie. D’autres passent la nuit à la belle étoile. Et pour celles qui ont trouvé refuge chez des proches, la solution reste précaire.

La pluie enregistrée dans la nuit précédant cette descente est venue rappeler brutalement l’urgence. Plusieurs familles disent avoir passé toute la nuit exposées aux intempéries, sans bâche ni véritable abri.

« Toute la nuit, la pluie est tombée sur nous »

Kasole Nfundiko Papy fait partie des victimes. Il affirme avoir tout perdu dans l’incendie. Aujourd’hui, il ne demande pas seulement une maison : il cherche de quoi protéger sa famille rescapée du drame.

« Depuis que nous avons été frappés par cette tragédie, aucune aide humanitaire n’est encore venue à notre secours. Nous nous demandons comment on peut nous oublier dans une situation aussi difficile. Hier, pendant la nuit, lorsqu’il pleuvait, c’était catastrophique. Je tenais ma famille rescapée du drame. Toute la nuit, la pluie est tombée sur nous. Nous n’avons ni bâche, ni planche, ni nourriture », témoigne-t-il.

Dans sa voix, l’urgence est palpable. La saison des pluies approche et, pour ceux qui ont déjà perdu leur logement, chaque nouvelle pluie représente une épreuve supplémentaire.

Kasole Nfundiko Papy appelle les autorités, les organisations humanitaires et les personnes de bonne volonté à intervenir rapidement.

« Nous demandons aux humanitaires et aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide avec des matériaux de construction, puisque nous sommes à la veille de la saison des pluies. Il faut éviter que cette situation ne devienne encore plus catastrophique », ajoute-t-il.

Recensés, mais toujours dans l’attente

À Cimpunda, certaines familles ont vu passer des personnes venues identifier les victimes et recenser les ménages touchés. Mais pour les sinistrés, le recensement ne suffit plus.

Anastasie Mwa Kato dit attendre une assistance concrète.

« Depuis l’incendie, aucune assistance humanitaire n’a encore été enregistrée. Ils viennent nous recenser dans un carnet, mais nous attendons toujours qu’ils passent à l’action, car nous souffrons. La pluie d’hier nous a causé beaucoup de peine. Je demande aux autorités de m’aider à construire même une petite maison en bâche, afin d’avoir où dormir pendant cette période pluvieuse », explique-t-elle.

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Autour d’elle, plusieurs familles essaient pourtant de reconstruire de petits abris avec les moyens du bord. Quelques matériaux récupérés après le passage des flammes sont réutilisés. Mais sans ressources financières ni matériaux suffisants, ces efforts restent limités.

Pour Dieudonné Mushagalusa, le temps presse.

« Jusqu’à présent, nous sommes toujours dehors. Nous avons tous des familles et voilà que la pluie est à la porte. Où allons-nous aller avec nos petits enfants ? Je demande d’abord aux autorités de venir en aide à la population de Cimpunda. En plus, certaines activités de construction ont été suspendues dans les endroits ravagés par le feu », déplore-t-il.

Quand le feu emporte aussi la nourriture

À Cimpunda, la catastrophe ne se résume pas à la perte des maisons. Plusieurs familles affirment avoir également perdu leurs biens, leurs réserves alimentaires et leurs moyens de subsistance.

La faim commence ainsi à s’ajouter au manque de logement.

Mamy, rencontrée sur place, raconte une journée passée sans manger.

« Depuis hier, je n’ai rien mangé jusqu’à cette heure. Nous n’avons encore vu aucune aide humanitaire. Hier, lorsqu’il pleuvait, l’eau de pluie nous a beaucoup menacés. Nous n’avons ni abri ni nourriture. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de venir nous secourir, car nous sommes tous des êtres humains », témoigne-t-elle.

Pour ces familles, l’urgence est donc multiple : il faut trouver où dormir, mais aussi quoi manger et comment retrouver progressivement les biens et moyens de subsistance perdus dans l’incendie.

Des toilettes improvisées au milieu des abris

À ces difficultés s’ajoutent les problèmes d’assainissement.

Sur plusieurs sites occupés par les sinistrés, des toilettes improvisées sont visibles. Certaines sont ouvertes et mal entretenues. Des mauvaises odeurs se dégagent aux alentours.

Dans un contexte où les familles vivent déjà dans la précarité, cette situation suscite des inquiétudes. Le manque d’eau potable et les mauvaises conditions d’hygiène pourraient également exposer les sinistrés à différents risques sanitaires.

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Les besoins exprimés sur place dépassent ainsi largement la seule question du logement. Les familles demandent également de l’eau potable, des installations sanitaires et un accès aux soins de santé.

« Nous sommes restés dehors jusqu’au matin »

Pascal Mubalama décrit, lui aussi, une nuit particulièrement difficile.

« Nous voyons seulement des gens venir ici prendre des photos et nous recenser. La pluie d’hier nous a beaucoup fait souffrir. Nous sommes restés dehors jusqu’au matin », affirme-t-il.

Pour les sinistrés, les opérations d’identification restent nécessaires pour connaître le nombre de personnes touchées et leurs besoins. Mais ils souhaitent désormais que ces démarches soient suivies d’actions concrètes.

Ils citent notamment les bâches, matériaux de construction, nourriture, vêtements, matelas et autres biens essentiels parmi leurs besoins prioritaires.

Douze personnes sous le même toit

Pour certaines familles, la solidarité des proches constitue actuellement la seule solution.

Maramke explique avoir trouvé refuge chez un membre de sa famille. Mais là encore, les conditions d’hébergement sont difficiles : elle partage cet espace avec onze autres personnes.

« Depuis ce drame, je suis toujours chez un membre de ma famille. Nous sommes au nombre de douze. Je dors à même le sol, sans matelas ni même une natte », témoigne-t-elle.

Ainsi, même lorsque les sinistrés ne dorment plus dehors, la promiscuité et le manque de matériel de couchage rendent les nuits difficiles.

Des besoins qui s’accumulent

À Cimpunda, les familles demandent désormais une intervention rapide des autorités locales, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté.

Leurs demandes sont précises : des bâches et des matériaux de construction pour se mettre à l’abri, mais également de la nourriture, de l’eau potable, des matelas, des vêtements et d’autres produits de première nécessité.

L’urgence est renforcée par la fréquence des pluies. Pour les familles qui dorment encore dehors, chaque averse peut transformer un abri de fortune en espace inhabitable.

L’incendie a également touché plusieurs infrastructures, notamment des écoles et des églises, accentuant les conséquences sociales du drame dans cette partie de Bukavu.

Plusieurs jours après le passage des flammes, les conséquences restent donc visibles. Des maisons ont disparu, des biens ont été réduits en cendres et des familles cherchent encore où passer la nuit. Certaines dépendent désormais de proches pour avoir un toit, tandis que d’autres restent exposées aux intempéries.

Pour les sinistrés, le temps du recensement doit désormais laisser place à celui de l’assistance.

À Cimpunda, le feu est éteint. Mais pour plus de 300 ménages qui ont perdu leur toit, le drame se poursuit sous une autre forme : dans le froid et la pluie de la nuit, dans la faim, dans l’attente d’une bâche, d’un matelas, d’un repas ou simplement d’un endroit où dormir avec leurs enfants.

Daniel Mupole et Émilie Mwema

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