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    Des incidents impliquant les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo se multiplient au Sud-Kivu. Des éléments FARDC qualifiés d’indisciplinés tirent sur des civils sans autre forme de procès. Les derniers cas en date sont ceux de Walungu où un militaire a tiré sur un moto-taximan à Kashanja dans le territoire de Walungu ou de Panzi à Bukavu où une sexagénaire a été aussi tuée par un militaire en état d’ivresse.

    A Kabare, un autre militaire avait tiré à bout portant sur un tenancier de Nganda à Miti.

    Même si les circonstances de ces meurtres sont différentes, des habitants s’interrogent sur les causes réelles de ces agissements dans une zone de l’Est caractérisée par des affrontements armés.

    La Prunelle RDC a parlé avec un psychologue pour tenter de comprendre le comportement de ces porteurs d’armes.

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    Le stress et la peur d’être au front poussent des militaires à devenir violents et à commettre des actes irréfléchis. C’est ce qu’affirme le Docteur Pontife Issanda, psychologue du Centre psychiatrique (Sosam) à La Prunelle RDC après de cas des meurtres à répétition commis par des militaires au Sud-Kivu.

    Selon ce psychologue, les guerres qui sévissent dans la région des Grands-Lacs sont la plus grande source de stress que vivent les militaires qui peuvent être envoyés au front et mourir à tout moment. Celui-ci évoque aussi la situation socio-économique dans laquelle vivent les porteurs d’armes.

    « Il y a un niveau de stress qui augmente avec les militaires qui savent qu’à tout moment ils peuvent être face à la mort et en vivant cela il y a une certaine sensibilité qui se voit face à la vie. En ce moment-là, les militaires qui, aussi vivent ces stress constants peuvent présenter une certaine dépression et cela peut les amener à avoir une certaine nervosité et ne pas contrôler leur réaction. A ce moment-là, ils peuvent poser des actes irréfléchis, avoir un caractère violent, un caractère dangereux, parce qu’ils deviennent irrités. Ils peuvent poser des actes qui ne sont pas vraiment contrôlés par eux-mêmes ».

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    Docteur Pontife Issanda propose que ces militaires qui vivent sous stress et avec la peur de la mort au quotidien soient suivis par les psychologues et avoir un cadre de dialogue où ces derniers s’expriment. Il ajoute que les militaires au front doivent aussi être suivis régulièrement pour leur bien-être.

    « Si nous restons dans cette logique pour pallier à cette situation en tout cas la première des choses ou la première solution à laquelle on doit penser c’est couper la source de ces stress, c’est mettre la paix dans la région et dans la sous-région de telle manière que les militaires ne puissent pas aussi se voir menacés. Mais aussi, c’est voir quelles sont les structures qui encadrent psychologiquement et sur le plan psychiatrique nos militaires sur les camps d’entraînement, sur les fronts. Quelle est la situation dans laquelle vivent leurs familles aussi pour qu’ils ne puissent pas avoir autant de préoccupations pour arriver à tomber dans des situations de dépression. Donc, comme on dit premièrement, la paix. Est-ce que les hôpitaux qui les prennent en charge ont des psychologues, est-ce que ces militaires peuvent avoir une place où s’exprimer et exprimer leur crainte et tout, et les structures qui les encadrent ? ».

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    Les autorités militaires organisent-elles un service pour la prise en charge psychologique des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo ? Au-delà de la répression par la justice militaire, y-a-t-il d’autres mesures pour accompagner les porteurs d’armes pour les aider à vivre normalement dans ce contexte de violences armées ?

    Le responsable de la 33ème Région militaire n’a pas encore répondu à nos préoccupations.

    Claudine Kitumaini

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    4 commentaires

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    4. Madame Claudine, Monsieur Pontife n’est pas psychologue ni même psychiatre. Il est médecin généraliste.

      Nous devons éviter à faire une analyse sauvage en matière scientifique tel que l’avait nommé le psychanalyste Sigmund Freud.

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