La coalition de l’opposition C64 a réaffirmé sa détermination à s’opposer à tout projet de révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendue publique quelques jours après les consultations organisées à Bujumbura par le président burundais avec des opposants congolais et des responsables religieux, la plateforme estime que les solutions à la crise congolaise doivent s’attaquer aux causes profondes du conflit.
Selon la coalition, la République démocratique du Congo traverse une crise multidimensionnelle marquée par des défis militaires et sécuritaires, mais également par des problèmes de gouvernance, de légitimité des institutions et de fonctionnement constitutionnel.
« La guerre n’est pas la cause de la crise congolaise ; elle en est la conséquence la plus tragique », affirme la C64, estimant que les différentes initiatives diplomatiques engagées jusqu’à présent n’ont pas permis de traiter l’ensemble des facteurs à l’origine de la crise.
La coalition cite notamment les processus de Nairobi, de Luanda, de Doha et de Washington, qu’elle juge essentiellement centrés sur les dimensions militaires et diplomatiques, sans aborder simultanément les questions politiques et institutionnelles.
Tout en réaffirmant sa disponibilité pour un dialogue qu’elle souhaite « véritable, sincère et inclusif », la C64 fixe toutefois une condition préalable. Elle estime qu’aucun dialogue ne pourra être engagé tant que le président Félix Tshisekedi n’aura pas, selon elle, renoncé publiquement et définitivement à tout projet de modification de la Constitution.
« Il ne saurait être question de suspendre les actions citoyennes ni d’engager un dialogue tant que Monsieur Félix Tshisekedi n’aura pas renoncé publiquement et définitivement à son projet de changement de Constitution qui divise la nation et menace le pays de balkanisation », indique la déclaration.
La coalition précise également qu’elle n’avait pas sollicité la rencontre avec le président burundais. Selon elle, cette initiative est venue du président en exercice de l’Union africaine, qui souhaitait recueillir directement sa position sur les causes profondes de la crise congolaise et les conditions d’une paix durable.
Enfin, la C64 appelle la population à participer à la marche pacifique prévue le 22 juillet 2026 au Palais de la Nation, afin d’exprimer son opposition à ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel », à la confiscation de la souveraineté populaire, à la guerre et à la mauvaise gouvernance.
