La Société civile Forces vives du Maniema, coordination territoriale de Lubutu (SOCIMA), exprime sa vive inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire, humanitaire et sanitaire dans le territoire de Lubutu. Dans une déclaration rendue publique, cette structure appelle le Gouvernement congolais et ses partenaires à intervenir d’urgence pour venir en aide aux populations affectées.

Selon la déclaration, l’avancée de l’AFC-M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a provoqué d’importants mouvements de populations vers le territoire de Lubutu.

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La Société Civile affirme qu’entre le 14 et le 31 mars, la commune rurale de Lubutu aurait enregistré 26 562 ménages déplacés, soit environ 88 825 personnes. Ces déplacés seraient accueillis dans des familles d’accueil, des écoles et des églises, sans avoir bénéficié, selon la SOCIMA, d’une assistance humanitaire suffisante.

Dans sa déclaration, la Société Civile de Lubutu revient également sur les tensions impliquant Bukuy Alfani, présenté comme responsable d’un groupe Wazalendo.

Elle l’accuse notamment d’avoir mis en place une administration parallèle, d’être impliqué dans des tracasseries, des saisies illégales d’armes et d’avoir contribué à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs localités du territoire. Ces accusations sont formulées par la société civile et n’ont pas été accompagnées, dans le document, d’une réaction de l’intéressé.

La SOCIMA affirme également que des affrontements survenus le 6 juin 2026 entre des éléments attribués à ce groupe et les FARDC auraient provoqué d’importantes conséquences humanitaires.

Selon cette organisation, ces violences auraient fait six morts, dont une femme, quatorze blessés, entraîné des pillages, des incendies d’habitations et le déplacement d’environ 51.090 personnes, réparties dans plusieurs villages des secteurs de Bitule et Obokote.

Sur le plan sanitaire, la Société civile de Lubutu appelle la population à prendre conscience du risque lié à la maladie à virus Ebola, signalée dans certaines zones de la province voisine de l’Ituri.

Elle estime que les efforts de prévention et de prise en charge doivent être renforcés afin d’éviter une éventuelle propagation de l’épidémie.

Face à cette situation, la SOCIMA formule plusieurs recommandations au Gouvernement et à ses partenaires. Elle demande notamment le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire de Lubutu, le déploiement d’une commission mixte afin d’évaluer la situation, une assistance humanitaire en vivres et en biens non alimentaires au profit des déplacés, un renforcement de la surveillance épidémiologique et l’approvisionnement des structures sanitaires en médicaments et équipements.

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La Société Civile demande également la prise en charge des traumatismes psychologiques des populations affectées, la distribution de semences agricoles afin de prévenir une éventuelle crise alimentaire ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles des FARDC.

La Société Civile appelle également les habitants à respecter les mesures de prévention contre Ebola, à collaborer avec les services de santé et de sécurité et à signaler toute activité susceptible de menacer la sécurité de la population.

Jean-Luc M.

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