Un nouveau-né de sexe masculin a été retrouvé vivant dans une latrine en début de soirée du samedi 4 juillet 2026 au village de Nyantende, dans le groupement de Mumosho, territoire de Kabare, au Sud-Kivu.

Selon des informations communiquées par des défenseurs des droits humains (DDH) et les acteurs de la Société Civile locale, le nourrisson a été découvert vers 18 heures 30  dans les toilettes d’une habitation située au sous-village Muhono, appartenant à un habitant identifié sous le nom de Jocker Cibindi.

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Alertés, le chef du sous-village, Mugaruka Kalumuna, les DDH, des jeunes ainsi que plusieurs habitants se sont mobilisés pour extraire le bébé de la latrine. Retrouvé dans un état critique, l’enfant a été transporté d’urgence à l’hôpital de Nyantende afin de bénéficier d’une prise en charge médicale.

Les circonstances de cet abandon restent inconnues. Les défenseurs des droits humains et les acteurs de la société civile condamnent cet acte et demandent aux services de sécurité d’ouvrir une enquête afin d’identifier l’auteur des faits et de le traduire devant la justice.

Au-delà de l’enquête judiciaire, plusieurs observateurs estiment que ce type de drame rappelle également la nécessité de renforcer l’information sur la santé sexuelle et reproductive ainsi que l’accompagnement des femmes confrontées à des grossesses non désirées ou à des situations de détresse.

Interrogé précédemment par La Prunelle RDC sur cette problématique, le Dr Nyamugaragaza Robert, Médecin coordonnateur du Programme de Santé Sexuelle et de la Reproduction à la Division provinciale de la Santé du Sud-Kivu, expliquait que de nombreux avortements continuent de se pratiquer dans la clandestinité, souvent avec des conséquences graves pour la santé des femmes.

Selon lui, le manque d’information constitue l’un des principaux facteurs de risque. Il estime qu’une meilleure sensibilisation sur les droits en matière de santé sexuelle et reproductive, les services de planification familiale ainsi que le cadre légal applicable en République démocratique du Congo permettrait de réduire les complications médicales et de mieux accompagner les femmes en situation de vulnérabilité.

Le médecin rappelle également que le Protocole de Maputo, ratifié par la RDC, prévoit des exceptions légales permettant l’interruption médicalisée d’une grossesse dans certaines circonstances, notamment lorsque la grossesse met en danger la santé physique ou mentale de la femme ou résulte d’un viol, d’un inceste ou d’autres situations prévues par la loi.

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Les acteurs de la société civile estiment ainsi qu’au-delà de la répression des actes d’abandon d’enfants, il est indispensable de renforcer la prévention à travers l’éducation, la sensibilisation, l’accès aux services de santé reproductive, le soutien psychosocial et la protection des femmes et des nouveau-nés.

Jean-Luc M.

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