Alors que le ministère de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique a lancé la campagne nationale « Oui, je le veux », destinée à mobiliser les jeunes en faveur du projet de révision de la Constitution en République démocratique du Congo, le Conseil communal de la jeunesse de la commune de Goma estime que la priorité nationale demeure le rétablissement de la sécurité dans les zones affectées par les conflits.
Portée par la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Émie Kutino, cette campagne vise à sensibiliser les jeunes aux enjeux d’une éventuelle réforme constitutionnelle. Selon le ministère, cette révision permettrait de doter le pays d’une Constitution plus inclusive, accordant une place plus importante à la jeunesse dans la vie publique et préparant davantage l’avenir du pays.
À Goma, cette initiative ne fait toutefois pas l’unanimité. Le président du Conseil communal de la jeunesse de la commune de Goma, Jules Ngaleza, estime que le contexte actuel ne se prête pas à l’ouverture d’un tel processus.
« Nous soutenons qu’un tel processus ne constitue ni une priorité, encore moins une réponse aux défis sécuritaires auxquels le pays fait face. Au contraire, il peut accentuer les risques de fragmentation de notre pays », déclare-t-il.
Selon lui, alors qu’une partie du territoire national reste confrontée à l’insécurité et à l’occupation de certaines zones, les efforts devraient être orientés en priorité vers le retour de la paix et la restauration de l’autorité de l’État.
Jules Ngaleza appelle également les jeunes à faire preuve de discernement dans le débat public. Il les invite à ne pas se laisser instrumentaliser par les acteurs politiques, mais plutôt à privilégier les intérêts du pays et leur propre avenir.
Cette prise de position intervient alors que la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a déclaré conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum.
Dans son arrêt, la Haute Cour précise toutefois que cette conformité est assortie de plusieurs réserves d’interprétation et de modifications portant notamment sur les articles 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 14, 19, 21, 23 et 43 de cette loi.
Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue ainsi de susciter des réactions divergentes au sein de la classe politique et de la Société Civile, certains y voyant une opportunité de réforme institutionnelle, tandis que d’autres estiment que les priorités du pays devraient d’abord porter sur le rétablissement de la sécurité, la cohésion nationale et l’amélioration des conditions de vie des populations.
