À l’occasion de la Journée nationale du Génocost, consacrée à la mémoire des victimes des crimes de masse commis en République démocratique du Congo, la coordinatrice de l’organisation Wanawake Rising for Rights and Dignity (WARDI), Ormiel Mihigo, appelle à faire de la mémoire un véritable outil de prévention des violences et de consolidation de la paix.
Selon elle, les commémorations ne doivent pas se limiter à rendre hommage aux victimes, mais également servir à sensibiliser les générations présentes et futures sur les conséquences des conflits armés.
« Se souvenir, c’est développer une culture du « plus jamais ça » », affirme Ormiel Mihigo. Pour la coordinatrice de WARDI, documenter les crimes du passé et transmettre leur histoire aux jeunes est indispensable pour leur permettre de comprendre les effets destructeurs de la haine, de la manipulation et des discours susceptibles d’alimenter de nouvelles violences.
Elle estime que la mémoire constitue un levier essentiel pour renforcer la vigilance collective face aux risques de banalisation des atrocités et prévenir leur répétition.
Pour Ormiel Mihigo, ce travail de mémoire ne peut toutefois produire ses effets sans une véritable lutte contre l’impunité.
« L’absence de justice face aux crimes commis dans le passé entretient le risque de voir les mêmes violences se reproduire », souligne-t-elle, estimant que la reconnaissance des victimes et la responsabilisation des auteurs demeurent des conditions essentielles à l’instauration d’une paix durable.
La coordinatrice de WARDI insiste également sur la nécessité d’associer davantage les jeunes et les femmes aux initiatives de prévention des conflits, de dialogue et de reconstruction des communautés.
Selon elle, ces catégories de la population, souvent présentées comme les principales victimes des crises, doivent aussi être reconnues comme des actrices du changement et de la consolidation de la paix.
Alors que l’est de la République démocratique du Congo continue d’être confronté à une insécurité persistante, Ormiel Mihigo considère que la commémoration du Génocost doit être un moment de réflexion collective sur les moyens de prévenir de nouvelles tragédies.
« La mémoire doit contribuer à faire émerger une culture de paix et une responsabilité collective afin d’éviter que les tragédies du passé ne se répètent », conclut-elle.
