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    Bukavu manque cruellement d’eau depuis plusieurs jours mais une petite pluie est venue en sauveur ce dimanche 21 Janvier 2024. 4 jours depuis la coupure d’eau de la REGIDESO suite à une panne sur l’un des principaux conduits d’eau de Bukavu, des familles entières se sont mobilisées pour ne rater la manne « pluie » tombée ce dimanche.

    Sur avenue Pesage par exemple, c’est presque toutes les femmes et jeunes filles qui apportent des bassins et des seaux à la gouttière.

    Lire aussi : Bukavu souffre du manque d’eau : la REGIDESO appelle à arrêter de détruire ses installations !

    « L’eau de la pluie est plus propre que l’eau des puits souterrains que nous utilisons », explique une jeune fille qui puise de l’eau devant leur clôture sur avenue Pesage.

    Solidarité africaine oblige : ceux qui n’ont pas de gouttière sur leur toit se font secourir par des voisins.

    Le remplissage des seaux se fait à tour des rôles.

    Depuis que l’un des conduits d’eau principal de la REGIDESO a connu une panne au niveau du Lycée Wima, c’est presque tous les quartiers de la ville qui manquent de l’eau.

    Certaines femmes se réveillent très tôt le matin pour aller puiser de l’eau dans des puits souterrains communément appelés « Bizola ».

    Le pire est que ces puits de sauvetage tarissent de fois avant que tout le monde ne soit servi.

    Il faut aussi faire attention, cette eau de Bizola n’est pas gratuite comme l’eau du lac ou de la rivière Ruzizi.

    « Comme il y a pénurie, nous achetons un bidon de 20 litres à 250 francs. De fois, on arrive au puits à 5 heures du matin pour rentrer à la maison à 9 heures ou 10 heures. Des fois, on part à Ruzizi parce que les puits tarissent ! En tout cas, l’eau c’est la vie ».

     Eh oui, l’eau c’est la vie mais celle utilisée dans les « bizola » peut parfois être la mort si des mesures ne sont pas prises pour essayer de la chlorer parce que la qualité laisse à désirer. Pourtant, le chlore n’est pas toujours disponible sur ces puits et certaines familles n’en ont pas.

    Que ce soit l’eau de pluie, lorsque la chance sourit, l’eau de puits souterrains ou l’eau du lac ou de la rivière Ruzizi, les familles de Bukavu n’ont plus de choix. Il faut tout prendre pourvu qu’elle serve à quelque chose.

    Évidemment que cela ne se passera pas sans danger sur la santé humaine. Par exemple pour les femmes, faire un bain intime avec cette eau qui n’est pas potable risque de provoquer des infections.

    Nombreuses familles aussi n’échapperont pas aux maladies d’origine hydrique en ce moment où le choléra est déclaré dans plusieurs régions du Sud-Kivu.

    « Pour boire de l’eau, il faut désormais en acheter, parce que même si l’on bouillie ou l’on met du chlore dans l’eau de pluie et de Bizola, la mauvaise couleur ou les mauvaises odeurs ne disparaissent pas. Le plus grand problème c’est notre niveau de vie qui ne nous permette pas d’acheter de l’eau aux membres de nos familles », explique une autre femme qui puise de l’eau sur avenue Hippodrome.

    Depuis quelques jours, c’est la toile qui s’enflamme. A part les questions politiques actuelles et la CAN, c’est la pénurie de l’or bleu qui  fait le buzz à Bukavu. Le gouvernement et la REGIDESO devraient fournir des efforts pour que la population soit desservie en eau potable et ainsi éviter le pire.

    Claudine Kitumaini

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