L’Université Officielle de Bukavu (UOB) a organisé, ce vendredi 31 juillet 2026, la soutenance publique de deux thèses doctorales à la Faculté de médecine, dans les installations des Cliniques Universitaires de Bukavu (CUB). Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre du développement de l’école doctorale de cette université publique, qui poursuit, pour la troisième année consécutive, la formation de chercheurs et d’enseignants en médecine.

Les deux travaux de recherche, consacrés respectivement à la drépanocytose et aux hépatites virales associées au VIH, proposent des pistes d’amélioration de la prise en charge de plusieurs problèmes majeurs de santé publique au Sud-Kivu.

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Le Dr. Mwanza Nangunia Nash, du département de pédiatrie, a défendu une thèse intitulée : « Intégration du dépistage néonatal de la drépanocytose dans une amélioration des soins primaires, des profils clinique et hématologique ainsi que de la qualité de vie des enfants drépanocytaires à Bukavu, en République démocratique du Congo ».

À travers cette recherche, il démontre qu’il est possible d’intégrer le dépistage néonatal de la drépanocytose dans les soins de santé primaires afin d’améliorer la prise en charge des enfants atteints de cette maladie héréditaire.

Selon le chercheur, l’un des principaux défis demeure le diagnostic tardif.

« Le plus grand problème que nous avons, c’est d’abord le diagnostic qui se fait très tardivement, au moment où les enfants sont déjà au stade des complications. À cela s’ajoute un sérieux problème d’accès au traitement spécifique », a-t-il expliqué.

Le pédiatre estime que la sensibilisation des familles constitue un levier essentiel pour améliorer le dépistage et la prise en charge.

« Une fois sensibilisés, les parents pourront faire dépister leurs enfants et la prise en charge sera meilleure. L’État doit également faciliter l’accès aux tests de dépistage et aux moyens de traitement », a-t-il ajouté.

Ses recherches montrent notamment que le territoire de Fizi est l’une des zones les plus touchées de la province, avec une forte fréquence de crises drépanocytaires. Il indique également que des campagnes de dépistage ont déjà été menées à FiziNunduUvira et dans d’autres localités grâce à des tests obtenus auprès des autorités.

À Bukavu, l’étude fait état d’environ 4 % d’enfants atteints de drépanocytose (SS) et près de 40 % de porteurs du trait drépanocytaire (AS) dans les zones de santé d’IbandaKadutu et Bagira. Parmi les femmes enceintes dépistées, environ 0,2 % étaient SS et 8 % AS, des chiffres que le chercheur juge préoccupants.

La seconde soutenance a été celle de la Dr. Basimane Bisimwa Parvine, dont la recherche portait sur « l’étude épidémiologique et moléculaire des infections par les virus de l’hépatite B, de l’immunodéficience humaine (VIH) et de leur coïnfection dans des groupes à risque au Sud-Kivu ».

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Réalisée à Bukavu, dans les territoires de Walungu et Kabare, ainsi que dans la prison centrale de Kabare, les camps militaires et les maisons de tolérance, cette étude met en évidence une prévalence importante de ces infections au sein de plusieurs groupes exposés, notamment les personnes détenues, les professionnelles du sexe et les survivantes de violences sexuelles.

La chercheuse a également évoqué les défis rencontrés au cours de son parcours doctoral. Épouse et mère de famille, elle explique avoir dû concilier responsabilités familiales et exigences scientifiques, effectuant notamment des séjours de recherche dans des laboratoires spécialisés à Paris et à Bangui.

Elle encourage les femmes souhaitant poursuivre une carrière scientifique à s’engager dans la recherche, tout en soulignant l’importance du soutien de leurs familles et partenaires.

Pour le doyen de la Faculté de médecine, ces soutenances témoignent de la montée en puissance de l’école doctorale de l’UOB.

Selon lui, depuis 2021, l’université est la seule institution du Sud-Kivu à assurer la formation doctorale conduisant au professorat en médecine.

« C’est une grande satisfaction de voir aboutir cette formation. Aujourd’hui, deux nouveaux docteurs viennent renforcer les compétences disponibles. Nous comptons actuellement entre quinze et dix-sept doctorants en formation, dont plusieurs sont proches de la fin de leur parcours. La nouvelle génération doit comprendre qu’il est désormais possible d’effectuer des études doctorales de haut niveau ici, au Sud-Kivu », a déclaré le doyen.

Le Recteur intérimaire de l’Université Officielle de Bukavu, Munenge Mudage Florent, a salué la qualité scientifique des deux travaux soutenus.

Selon lui, ces recherches apportent des réponses concrètes aux défis sanitaires auxquels sont confrontés le Sud-Kivu et la République démocratique du Congo.

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« Aujourd’hui, nous formons des chercheurs capables de produire des connaissances scientifiques de haut niveau. Les travaux présentés proposent des solutions adaptées aux principaux problèmes de santé de notre province et du pays », a-t-il conclu.

Suzanne Baleke

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