La société civile Mouvement des Sociétés civiles du Congo (MSCO) dénonce des opérations nocturnes qu’elle attribue à la Direction Provinciale de Mobilisation et d’Encadrement des Recettes (DPMER) à Kamituga, dans la province du Sud-Kivu. Dans un communiqué, l’organisation accuse des agents de ce service, appuyés par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), d’avoir effectué des contrôles tardifs qu’elle qualifie de « bouclages nocturnes abusifs » et appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à intervenir.

Les faits dénoncés remontent au vendredi 18 septembre 2026. Selon la MSCO, vers 19 heures 30, des agents de la DPMER Kamituga, accompagnés de policiers, ont installé un point de contrôle routier dans le quartier Kalingi.

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Pour Mazambi Masudi Promesse, coordonnateur de la MSCO à Kamituga, cette opération nocturne s’apparenterait à une forme d’extorsion. L’organisation estime que ces contrôles ne seraient plus uniquement destinés à vérifier les documents administratifs ou à assurer le recouvrement des taxes foncières et routières.

La MSCO dénonce des contrôles effectués tard dans la nuit

Dans son communiqué, la société civile affirme que les patrouilles organisées tard dans la nuit permettraient aux agents impliqués de profiter de l’obscurité pour rançonner certains usagers.

La MSCO rappelle que les services administratifs et fiscaux de l’État sont soumis à des horaires officiels de fonctionnement et reproche à l’antenne locale de la DPMER de ne pas les respecter dans le cadre de ces opérations nocturnes.

Ces accusations sont formulées par la société civile et n’ont pas été accompagnées, dans les éléments disponibles, d’une réaction de la DPMER de Kamituga ou de la PNC permettant de répondre aux griefs soulevés.

Des motos auraient été saisies

Au-delà de la question des horaires, la MSCO dénonce également des violences et des tracasseries qui auraient accompagné le contrôle.

L’organisation affirme que plusieurs conducteurs de taxis-motos ont vu leurs engins confisqués au cours de l’opération du vendredi soir.

Elle souligne que ces conducteurs dépendent quotidiennement de leur activité pour subvenir aux besoins de leurs familles, dans un contexte marqué, selon elle, par des conditions routières particulièrement difficiles.

« Ce n’est plus du contrôle de pièces administratives ou de taxes, c’est de la spoliation de citoyens déjà frappés par une conjoncture économique extrêmement difficile », a déclaré Mazambi Masudi Promesse, coordonnateur de la MSCO à Kamituga.

La société civile interpelle les autorités judiciaires et sécuritaires

Face à ce qu’elle considère comme une dérive et une atteinte aux droits des citoyens, la MSCO demande l’intervention des autorités compétentes aux niveaux local et provincial.

Elle réclame notamment l’interpellation des agents de la DPMER qui auraient participé à l’organisation de ces contrôles en dehors du cadre horaire qu’elle estime légal.

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L’organisation demande également que des sanctions disciplinaires et judiciaires soient prises contre les policiers qui auraient escorté ou facilité ces opérations nocturnes.

La MSCO exige, par ailleurs, la restitution immédiate des motos qu’elle considère comme ayant été saisies abusivement lors du contrôle de vendredi soir.

Une tension persistante parmi les transporteurs

La société civile affirme que la situation alimente une tension au sein de la communauté des transporteurs et parmi certains habitants de Kamituga.

Elle appelle ainsi les autorités compétentes à réagir rapidement afin de clarifier les circonstances de cette opération, d’examiner les accusations formulées contre les agents concernés et, le cas échéant, de prendre les mesures appropriées.

À ce stade, les accusations de la MSCO concernant une éventuelle extorsion, les violences, les saisies abusives et le non-respect des horaires restent des allégations de la société civile. Aucune réaction de la DPMER ou des responsables de la PNC n’a encore été rapportée.

Abdallah Mapenzi

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