À Bukavu, une chaîne de solidarité s’est mise en place en faveur des victimes de l’incendie du 10 septembre à Funu, dans la commune de Kadutu. Des organisations, des artistes et des personnes de bonne volonté ont collecté, du 11 au 16 septembre 2026, des vivres et non-vivres destinés aux familles sinistrées. Farine, riz, huile, vêtements, chaussures, matelas, ustensiles de cuisine et autres produits ont été distribués ce mercredi à la paroisse de Cimpunda. Une assistance présentée comme un geste de solidarité temporaire pour aider les victimes à retrouver progressivement leur dignité.
À la paroisse de Cimpunda, les sinistrés de l’incendie de Funu sont venus récupérer ce qui pouvait leur être utile après avoir perdu leurs maisons et une grande partie de leurs biens dans les flammes.
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Sur place, les produits collectés sont distribués aux familles : sacs de farine et de riz, bidons d’huile, vêtements, chaussures, matelas, bassins, ustensiles de cuisine, savons, sucre, cahiers et autres articles de première nécessité.
Cette mobilisation a commencé le 11 septembre 2026, au lendemain du drame. À l’origine de cette initiative, Joyeux Bin Kabodjo explique avoir voulu susciter un élan collectif en faveur des familles touchées.
« On a lancé une chaîne de solidarité depuis le vendredi 11 septembre. On s’est dit qu’on devait venir ici le mercredi et les gens se sont mis en chaîne. Les organisations ont suivi le rythme. Il y a SOS Prema, la Fondation F3, la Radio Star, beaucoup d’artistes venus de Bukavu et Goma et d’autres », explique-t-il.
Selon lui, l’ampleur de la mobilisation s’est rapidement fait sentir.
« Je sais que j’ai vu trois camions avec des bus, remplis de vivres et non-vivres. La distribution se passe à la paroisse de Cimpunda », poursuit-il.
Pour l’initiateur, cette assistance ne prétend toutefois pas régler l’ensemble des problèmes auxquels sont confrontées les victimes.
« On ne vient pas résoudre le problème. On vient pour poser une sorte d’élan qui pourra servir de tremplin à d’autres initiatives des personnes de bon cœur que nous invitons sincèrement à venir accompagner les sinistrés pour retrouver leur dignité malgré ce qui s’est passé ici », souligne-t-il.
Joyeux Bin Kabodjo estime que la mobilisation a été facilitée par la solidarité des habitants de Bukavu et de Goma.
« Les gens de Bukavu ont un bon cœur, on n’a pas eu de difficulté. Ceux qu’on n’a pas atteints, on sait qu’ils connaissent la route de Cimpunda et ils vont venir avec [leur aide] et les gens qui sont ici vont recevoir. Les sinistrés, nous sommes des cœurs », ajoute-t-il.
Des vêtements aux ustensiles de cuisine
Du vendredi 11 au mercredi 16 septembre, les dons se sont accumulés.
Rolande Baruti, membre de SOS Prema, revient sur les quantités collectées au cours de cette chaîne de solidarité.
Selon les chiffres qu’elle communique, la collecte comprend notamment six couvertures, 170 lots de vêtements destinés aux femmes, aux hommes et aux enfants, ainsi que des layettes représentant 1.400 lots.
La collecte comprend également 1.400 chaussures, des ustensiles de cuisine constituant des kits pour 289 ménages, 34 sacs de farine, 64 sacs de riz, ainsi que 87 lots de vêtements pour adultes et des matelas.
À cela s’ajoutent 78 bassins, deux petits bassins, 5 cartons de savons, 100 kilos de sucre, 13 bidons d’huile, 11 cartons de cahiers, 3 sacs d’assiettes, 1.200 pièces de plats, 2 cartons de couteaux, 160 casseroles, 24 seaux, 24 petits bassins, 20 sizaines de gobelets et 88 bols destinés à contenir la nourriture.
Ces différents produits sont ensuite distribués aux familles sinistrées présentes sur les lieux.
« J’ai reçu de la farine, du riz, de l’huile… »
Parmi les bénéficiaires figurent des personnes qui ont perdu leurs maisons, leurs biens et, pour certaines familles, des proches dans l’incendie.
Alliance Ciza, enceinte et elle-même victime du sinistre, raconte avoir vu sa maison être l’une des premières touchées par les flammes.
Elle explique qu’elle dormait avec l’un de ses enfants lorsque l’incendie s’est déclaré et qu’elle a tout perdu dans le drame.
Face à l’aide reçue, elle exprime sa reconnaissance.
« Nous disons énormément merci pour l’assistance que viennent de nous faire Joyeux et toutes ces personnes et organisations. En tout cas, on est très contents et nous aimerions que d’autres personnes de bonne volonté emboîtent le pas. J’ai reçu de la farine, du riz, de l’huile, des habits, des souliers, des bassins, du jus, du sucre et, comme je suis enceinte, j’ai eu un lot d’habits pour bébé », témoigne-t-elle.
« Cette initiative vient d’aider quelques ménages »
Bénédicte Ruhamya, jeune du quartier Funu et lui-même bénéficiaire, salue également l’initiative.
« Merci pour cette initiative qui vient d’aider quelques ménages de la population victime de l’incendie. Merci à Joyeux, en consortium avec la population du Kivu et les organisations qui viennent de nous assister », déclare-t-il.
Pour les familles qui ont tout perdu, ces quelques biens constituent un soutien concret, même s’ils ne permettent pas encore de répondre à l’ensemble des besoins.

Plus de 270 ménages touchés selon les sinistrés
Bagula Emmanuel, point focal des sinistrés de Funu B et Kasheke, indique que l’incendie a détruit au moins 150 maisons, affectant plus de 270 ménages.
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Il estime que l’assistance reçue permettra aux familles de tenir pendant quelques jours, notamment en matière d’alimentation et d’habillement.
« Merci à toutes ces personnes de bonne foi qui se sont souvenues de nous en cette période très difficile. Il y a eu au moins 150 maisons parties en fumée, qui ont touché plus de 270 ménages. Cette assistance va nous aider à nourrir nos familles pendant quelques jours, mais aussi à avoir quoi porter car, comme vous le savez, nous avons tout perdu », explique-t-il.
À Cimpunda, les bénéficiaires repartent ainsi avec quelques sacs, vêtements et objets utiles. Pour beaucoup, il s’agit d’un soulagement ponctuel après le choc de l’incendie.
Mais derrière les produits distribués restent les mêmes préoccupations : retrouver un toit, remplacer les biens détruits et reconstruire progressivement une vie bouleversée par le sinistre.
Une solidarité qui ne remplace pas la reconstruction
Les initiateurs de la collecte le reconnaissent : cette assistance ne peut pas, à elle seule, répondre à l’ensemble des besoins des familles sinistrées.
Elle se veut avant tout un geste de solidarité et un point de départ susceptible d’encourager d’autres initiatives.
Pour les victimes, les dons reçus permettent de faire face à certaines urgences, notamment l’alimentation, l’habillement et quelques besoins domestiques. Mais l’accompagnement devra se poursuivre pour permettre aux familles de retrouver durablement leurs conditions de vie.
À Funu et Cimpunda, plusieurs jours après l’incendie du 10 septembre, la solidarité s’organise donc autour des familles touchées. Des organisations, des artistes et des particuliers ont choisi de répondre à l’urgence par des dons.
Une aide qui apporte un soulagement immédiat aux sinistrés, mais qui laisse également apparaître l’ampleur des besoins encore à couvrir pour leur permettre de reconstruire leurs vies et de retrouver leur dignité.
