La Société Civile du Sud-Kivu tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la série d’incendies qui touche la ville de Bukavu. Dans un communiqué publié ce jeudi 10 septembre 2026, son Bureau de coordination provinciale affirme que plus de 700 maisons auraient été détruites par le feu en l’espace d’une semaine, laissant de nombreuses familles sans abri et plusieurs établissements scolaires et lieux de culte endommagés ou détruits.
La structure évoque une situation qui, selon elle, dépasse désormais le cadre de simples accidents et constitue une « catastrophe humanitaire ».
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Dans son communiqué, la Société Civile du Sud-Kivu cite notamment les incendies enregistrés à Panzi, où elle fait état de 40 maisons détruites et de trois décès, ainsi qu’à Nyamugo, où 174 ménages auraient perdu leur logement.
Elle affirme également que des enfants dorment dans des conditions précaires, notamment dans la forêt de l’UEA, tandis que certaines familles passent la nuit à la belle étoile.
Des élèves parmi les victimes
Concernant les incendies survenus ce jeudi dans les quartiers Cimpunda et Funu, dans la commune de Kadutu, la Société Civile rapporte un bilan provisoire de plus de 15 élèves décédés et plusieurs blessés graves dans les écoles UJAMAA et FARIALA.
Ce bilan intervient alors que les services de l’Éducation ont, de leur côté, communiqué un bilan provisoire plus élevé faisant état de 29 élèves décédés et 25 autres pris en charge dans des structures médicales.
La Société Civile rappelle également qu’un autre incendie survenu il y a moins d’un mois sur l’avenue Georges Defour, toujours dans la commune de Kadutu, avait, selon elle, coûté la vie à un jeune couple et à trois enfants.
La gestion des incendies mise en cause
La Société Civile interpelle directement l’administration qui contrôle actuellement Bukavu, qu’elle qualifie d’« administration rebelle ».
Elle lui demande notamment de s’expliquer sur la disponibilité et l’utilisation des camions anti-incendie présents dans la ville et réclame l’ouverture d’enquêtes sur les différents sinistres.
La structure estime que chaque incendie non élucidé constitue une situation préoccupante pour la population et critique également les conditions dans lesquelles les habitants sont contraints de lutter eux-mêmes contre les flammes, allant parfois jusqu’à démolir leurs propres maisons pour empêcher la propagation du feu.
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Elle invoque par ailleurs les dispositions du Code pénal congolais relatives à la non-assistance à personne en danger.
Appel à une mobilisation humanitaire
La Société Civile appelle également la communauté humanitaire, notamment OCHA, les confessions religieuses ainsi que les ONG locales, nationales et internationales, à renforcer leur intervention auprès des familles sinistrées.
Elle estime à 12.000 le nombre de personnes en situation de vulnérabilité extrême à Bukavu à la suite de ces différents incendies. Ces personnes auraient perdu leurs maisons, documents administratifs, effets personnels et uniformes scolaires à l’approche de la rentrée.
La structure réclame notamment des bâches, vivres et kits scolaires, avec une assistance urgente en faveur des quartiers les plus touchés, notamment Panzi et les autres sites affectés.
Les élus appelés à interpeller le gouvernement
La Société Civile interpelle également les députés provinciaux et nationaux, sénateurs, ministres et autres notables du Sud-Kivu.
Elle leur demande de porter la situation de Bukavu auprès des autorités nationales et réclame notamment une question orale au gouvernement central, ainsi que des mécanismes d’assistance en faveur des sinistrés.
Elle lance en parallèle un appel à la solidarité nationale en direction d’autres villes et provinces de la RDC, notamment Kinshasa, Goma, Lubumbashi, Kisangani, Kindu, Kolwezi et Kalemie.
La structure propose une collecte de solidarité comprenant notamment des tôles, vêtements, cahiers et extincteurs.
Kinshasa appelé à ouvrir un couloir humanitaire
S’adressant au gouvernement central, la Société Civile rappelle que ses propres services basés à Uvira auraient fait état de plus de 2.500 maisons brûlées entre juillet et août 2026.
Elle demande aux autorités nationales et provinciales basées à Uvira de garantir l’accès humanitaire aux sinistrés et de débloquer un fonds d’urgence.
La structure réclame également la mise en place d’un couloir humanitaire permettant l’acheminement de l’aide vers les populations affectées à Bukavu.
Pour la Société Civile du Sud-Kivu, l’assistance à la population ne devrait pas être conditionnée par le contrôle politique ou militaire de la ville.
Des mesures préventives recommandées à la population
La Société Civile appelle par ailleurs les habitants de Bukavu à renforcer leur vigilance face aux risques d’incendie.
Elle recommande notamment de signaler tout comportement suspect, de respecter les normes de construction, d’éviter de conserver des produits inflammables tels que l’essence ou le mazout dans les habitations et de vérifier régulièrement les installations électriques, les groupes électrogènes et les panneaux solaires.
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Elle encourage également les habitants à s’organiser par avenue afin de disposer d’extincteurs pour les premiers secours et demande de préserver les servitudes et voies d’accès afin de faciliter l’intervention des secours.
Des exigences à mettre en œuvre dans les 72 heures
Dans ses exigences immédiates, la Société Civile du Sud-Kivu demande une assistance humanitaire d’urgence dans un délai de 72 heures en faveur des sinistrés de Panzi, Nyamugo, Kadutu, Cahi et Cimpunda.
Elle réclame également une enquête indépendante sur les incendies et la publication de leurs causes.
La structure demande surtout que les camions anti-incendie attribués aux communes de Bukavu et à la ville, dont ceux dont elle attribue la dotation à l’ancien président du Sénat Modeste Bahati Lukwebo, soient effectivement mis en service pour intervenir lors des sinistres.
Elle exige enfin la reconstruction des écoles Uhuru et Fariala avant octobre 2026, ainsi que celle des autres établissements scolaires affectés par cette série d’incendies.
« Trop, c’est trop. Bukavu ne doit pas mourir par le feu après avoir survécu à la guerre », conclut la Société Civile du Sud-Kivu dans ce communiqué signé à Uvira, le 10 septembre 2026, par Néné Bintu Iragi, présidente du Bureau de coordination provinciale.
