À Goma, derrière les petits étals d’épices et de maïs se cachent parfois de grandes histoires de courage. Kasiko Masika Denise, mère de huit enfants tous scolarisés, a fait du petit commerce son principal moyen de subsistance. Chaque jour, elle se bat pour subvenir aux besoins de sa famille et maintenir ses enfants sur le chemin de l’école.
La journée de Denise commence tôt. Installée devant ses marchandises, elle dispose soigneusement ses épices et ses produits, accueille les clients, négocie les prix et veille à chaque recette.
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Dans ce commerce aux revenus modestes, chaque franc compte. Une vente peut contribuer à assurer le repas de la famille, acheter les fournitures scolaires d’un enfant ou payer une partie des frais de scolarité.
Derrière son activité se trouve une responsabilité importante : nourrir, habiller et scolariser huit enfants. Pour Denise, cette charge est aussi devenue une source de motivation.
Un parcours marqué par les épreuves
Originaire de Buholo, Kasiko Masika Denise est issue de la communauté Nande, de père et de mère.
Son parcours est marqué par plusieurs épreuves. À l’âge de 12 ans, elle perd son père. Selon son récit, cette disparition, survenue alors qu’elle manquait d’encadrement dans sa scolarité, l’a poussée à commencer de petites activités commerciales, notamment la vente d’arachides et de bananes mûres, afin de contribuer aux besoins de sa famille.
À 16 ans, elle se marie avec Kambale Justin. Malgré les difficultés rencontrées dans son foyer, notamment liées à l’ivrognerie de son mari, Denise affirme ne pas avoir renoncé à se battre pour sa famille.
Habituée aux petits commerces, elle s’est progressivement orientée vers la vente d’épices et de maïs. Au fil des années, cette activité est devenue son principal moyen de répondre aux besoins de ses enfants.
Huit enfants, huit raisons de continuer
Pour Denise, la scolarisation de ses huit enfants constitue l’une des principales raisons de poursuivre son activité.
Chaque jour, elle doit penser aux cahiers, aux uniformes, aux frais scolaires, mais aussi à la nourriture et aux autres besoins du ménage. Avec huit enfants scolarisés, les dépenses sont importantes.
Plutôt que de considérer cette responsabilité uniquement comme un poids, elle en fait une motivation supplémentaire pour travailler.
Son souhait est de voir ses enfants poursuivre leurs études, réussir et devenir des personnes capables de construire leur propre avenir.
Des difficultés qui n’entament pas sa détermination
Comme beaucoup de petits commerçants, Denise doit composer avec plusieurs difficultés, notamment la faiblesse du pouvoir d’achat des clients, les fluctuations des prix des marchandises et l’accumulation des dépenses familiales.
Lorsque les ventes diminuent, les conséquences se font rapidement sentir au sein du ménage. Elle doit alors adapter ses dépenses, rechercher de nouveaux clients et maintenir son activité malgré des revenus parfois limités.
Pour elle, vendre des épices et du maïs dépasse donc le simple cadre d’un petit métier. Son commerce représente un moyen de lutter contre la précarité et de contribuer à maintenir ses enfants à l’école.
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Un commerce pour construire l’avenir
L’histoire de Kasiko Masika Denise illustre également le rôle souvent discret joué par les femmes dans la survie économique des ménages à Goma.
À première vue, certains peuvent simplement voir une femme derrière un petit étal. Mais derrière ses marchandises se trouve une mère qui porte quotidiennement la responsabilité de huit enfants.
Denise ne souhaite d’ailleurs pas que son commerce reste une simple activité de survie. Elle veut renforcer son capital, augmenter ses stocks, diversifier ses produits et développer son activité afin d’accroître ses revenus.
Avec davantage de moyens, elle espère pouvoir acheter ses marchandises en plus grande quantité, améliorer ses bénéfices et répondre plus facilement aux besoins de sa famille.
Son projet est donc à la fois économique et familial : faire grandir son commerce pour augmenter les chances de réussite de ses enfants.
À Goma, son histoire rappelle que derrière une petite activité commerciale peut se cacher un immense combat familial. Chaque sachet d’épices vendu et chaque kilogramme de maïs écoulé représentent pour Denise un pas supplémentaire vers son objectif : maintenir ses huit enfants à l’école et leur offrir de meilleures perspectives.
Kasiko Masika Denise vend des épices, mais elle construit surtout de l’espoir. Dans ses mains, le petit commerce devient un moyen de préserver la dignité, de résister à la précarité et de préparer l’avenir de ses enfants.