Au moins 23 millions de personnes ne savent ni lire ni écrire en République démocratique du Congo, soit près de 20 % de taux d’analphabétisme à l’échelle nationale. Ces chiffres ont été communiqués par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Ève Bazaiba, à l’occasion de la 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée cette année autour du thème : « Alphabétisation pour le peuple, la planète et la prospérité ».
Selon Ève Bazaiba, les conflits armés, les crises épidémiques et les chocs climatiques aggravent le phénomène de l’analphabétisme en RDC, notamment en provoquant des déplacements massifs de populations.
« Les conflits armés, les crises épidémiques et les chocs climatiques exercent [une pression sur] l’alphabétisme en provoquant des déplacements massifs des populations. Arrachées de leur cadre de vie habituel, les personnes déplacées internes et les réfugiés subissent des conditions d’existence particulièrement précaires qui compromettent durablement leur accès à l’éducation », a déclaré la ministre.
Face à cette situation, le gouvernement congolais affirme vouloir maintenir les enfants dans les établissements scolaires, mais aussi récupérer les enfants et adolescents non scolarisés ou déscolarisés ainsi que les jeunes et adultes analphabètes à travers des programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle.
Dans cette perspective, Ève Bazaiba indique que le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, travaille notamment à actualiser et renforcer les programmes de rattrapage scolaire et d’alphabétisation, à produire des supports pédagogiques et andragogiques et à professionnaliser les éducateurs sociaux.
Les efforts portent également sur le développement des compétences et des métiers, l’amélioration des mécanismes d’insertion et de réinsertion scolaire ainsi que la recherche de réponses adaptées aux populations vulnérables et aux réalités locales.
« Dans cette dynamique, le gouvernement de la République a notamment engagé, avec ses partenaires, l’actualisation et le renforcement des programmes de rattrapage scolaire et d’alphabétisation, la production de supports pédagogiques et andragogiques, la professionnalisation des éducateurs sociaux, le développement des compétences et métiers, l’amélioration des mécanismes d’insertion et de réinsertion scolaire, ainsi que la recherche des réponses mieux adaptées aux populations vulnérables et aux réalités locales », a souligné la ministre.
La célébration de cette Journée internationale de l’alphabétisation intervient également dans le cadre des engagements internationaux pris par la RDC, notamment au titre de l’Agenda 2030 des Nations unies et de l’Objectif de développement durable (ODD) 4, qui vise une éducation inclusive, équitable et de qualité ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie pour tous.
La RDC inscrit également son action dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique (CESA) 2026-2035, qui reconnaît l’alphabétisation et l’éducation non formelle comme des leviers importants du développement socio-économique du continent.
Pour le gouvernement congolais, cette 60ᵉ édition revêt ainsi une importance particulière dans un contexte marqué par les déplacements de populations et la vulnérabilité de nombreuses communautés, qui continuent de limiter l’accès à l’éducation et aux apprentissages fondamentaux.
