À Ndosho, dans la partie communément appelée CAJED, plusieurs familles disent vivre depuis près d’un mois une importante pénurie d’eau. La recherche de quelques litres est devenue une épreuve quotidienne : longues files d’attente, réveils dès 3 heures du matin, hausse du prix du bidon et difficultés d’hygiène. Une équipe de La Prunelle FM s’est rendue sur place pour constater la situation et recueillir les témoignages des habitants.
Dans ce quartier de Goma, l’eau est devenue une ressource difficile à trouver. Pour obtenir un bidon, les habitants indiquent qu’il faut parfois payer 500 francs congolais, sans pour autant avoir la garantie de trouver un point d’approvisionnement.
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Certains racontent passer plus de deux heures dans les files d’attente avant de pouvoir remplir un seul bidon. Pour les femmes particulièrement, la recherche commence parfois bien avant le lever du jour.
Plusieurs habitantes rencontrées par La Prunelle FM disent ainsi se réveiller vers 3 heures du matin pour tenter de trouver de l’eau.
Cette situation affecte directement l’hygiène des familles, mais aussi leur alimentation et la scolarité des enfants.
« Nos enfants restent toute une journée affamés »
Pour Maman Nadine, habitante de Ndosho-Cajed, la pénurie dure depuis plusieurs semaines et l’approvisionnement reste très irrégulier.
« Ça fait presque un mois que nous souffrons avec le manque d’eau. Des fois, ça peut venir à 8 heures et à 10 heures, ça part. Nos enfants sont contraints de rester toute une journée affamés. Nous ne faisons pas de bains des fois et là, les enfants n’iront pas à l’école », témoigne-t-elle à La Prunelle FM.
Selon elle, l’absence d’eau ne concerne donc pas seulement les besoins domestiques. Elle affecte également les enfants, qui peuvent manquer l’école en raison des difficultés rencontrées dans les ménages.
Des risques sanitaires et sécuritaires
Maman Bahati, une autre habitante, décrit également les difficultés rencontrées par les familles qui se dirigent notamment vers Bugamba 2 et le secteur proche de Nyiragongo pour tenter de trouver de l’eau.
« Vraiment, l’eau nous dérange beaucoup trop. Surtout si tu essaies de monter vers Bugamba 2, Nyiragongo, vraiment nous souffrons beaucoup trop à cause de l’eau. Nos maisons sont devenues sales et même nous tombons malades. Il y a la diarrhée et même des vomissements. On ne sait pas comment nettoyer parce qu’il n’y a pas d’eau », explique-t-elle.
La recherche de l’eau représente également, selon son témoignage, un risque pour certaines personnes obligées de se déplacer très tôt le matin ou dans des conditions difficiles.
« Depuis 3 heures du matin, nous nous réveillons à la quête d’eau. Il y a même ceux qui sont battus en cours de route et, des fois, des filles sont violées, juste pour voir comment trouver de l’eau », affirme Maman Bahati.
Ces accusations d’agressions et de violences sexuelles rapportées par cette habitante n’ont pas été accompagnées, lors de la descente de La Prunelle FM, d’éléments permettant d’en établir l’ampleur ou les circonstances.
« Tu peux trouver les 500 FC, mais manquer où puiser »
Pour Maman Cécile, la difficulté ne réside pas uniquement dans le coût de l’eau. Même lorsqu’un ménage parvient à réunir les 500 francs congolais nécessaires pour acheter un bidon, il peut encore se retrouver sans point d’approvisionnement.
« En réalité, l’eau nous dérange beaucoup trop. Un bidon coûte 500 FC et parfois on manque même où puiser ce bidon d’eau. Tu peux trouver ces 500 FC, tu te dis que tu vas chercher comment puiser de l’eau, mais tu manques même où avoir l’eau. Tu peux même faire plus de deux heures sur une file d’attente juste pour avoir un bidon », raconte-t-elle.
L’habitante affirme par ailleurs que les populations ne connaissent pas avec certitude l’origine de cette pénurie.
« On dit que c’est à cause de la SNEL qui ne fonctionne pas bien, c’est pourquoi on n’a pas d’eau. D’autres disent que ce sont les autorités qui ne veulent pas envoyer de l’eau de ce côté. Alors, on ne sait pas quelle est la vraie version entre les deux », déplore-t-elle.
La pénurie complique jusque dans les besoins sanitaires les plus élémentaires des ménages.
« Comme tu me vois ici, je ne suis pas encore partie aux toilettes. Mon WC est utilisable seulement avec de l’eau, alors je ne sais pas comment faire », ajoute Maman Cécile.
Des enfants retardés ou empêchés d’aller à l’école
Les conséquences de cette situation se font également sentir dans le secteur éducatif.
Selon un autre témoignage recueilli par La Prunelle FM, certains réservoirs et bornes-fontaines seraient également dépourvus d’eau.
« Il n’y a pas de l’eau même dans les tanks et les bornes. Nos enfants arrivent des fois en retard à l’école et d’autres restent à la maison par manque d’eau », témoigne cette source.
La recherche de l’eau contraint ainsi certains enfants à consacrer une partie de leur matinée à cette tâche, au détriment de leur scolarité. Pour d’autres, l’absence d’eau dans les ménages devient un facteur supplémentaire d’absentéisme.
Les habitants demandent une solution
La descente effectuée par l’équipe de La Prunelle FM à Ndosho-Cajed met en évidence une situation qui dépasse la simple difficulté d’approvisionnement.
Pour les familles rencontrées, la pénurie touche l’hygiène, l’alimentation, la santé et la scolarité des enfants, tout en exposant certaines personnes à des risques lorsqu’elles parcourent de longues distances à la recherche de l’eau.
Face à cette situation, les habitants appellent les autorités et les services concernés à identifier rapidement les causes de la pénurie et à trouver une solution durable permettant aux familles de Ndosho-Cajed d’accéder régulièrement à l’eau.
