Le chômage des jeunes demeure l’un des principaux défis socio-économiques à Goma. Face à cette réalité, des responsables de centres de formation plaident pour le développement de l’auto-emploi comme solution durable afin de favoriser l’autonomisation de la jeunesse et réduire la précarité.
Dans une interview accordée à La Prunelle RDC, Alain Maboko, entrepreneur social et responsable du centre de formation Promoting Youth Education (PYE), a exprimé son inquiétude face à l’ampleur du chômage qui frappe les jeunes de la ville. Selon lui, cette situation constitue un problème majeur qui affecte non seulement les jeunes, mais également l’ensemble de la société.
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Il estime que plus de 85 % des jeunes sont aujourd’hui sans emploi. Parmi eux figurent de nombreux diplômés qui peinent à intégrer le marché du travail après leurs études, tandis que d’autres ont perdu leur emploi à la suite des différentes crises ayant secoué Goma, notamment l’insécurité, les crises humanitaires et sanitaires ainsi que la fermeture de plusieurs organisations, entraînant la suppression de nombreux postes.
Pour Alain Maboko, cette absence de perspectives professionnelles favorise plusieurs formes de délinquance.
« Le manque d’emploi pousse certains jeunes vers l’alcoolisme, le banditisme, les vols, la consommation de drogues ou encore la formation de groupes criminels. Chez certaines jeunes filles, cette situation conduit parfois à la prostitution pour assurer leur survie », explique-t-il.
Il regrette également que de nombreux jeunes deviennent dépendants de leurs familles pendant plusieurs années.
« Il est triste de voir certains jeunes âgés de plus de 35 ans vivre encore entièrement aux dépens de leurs parents. Toutefois, beaucoup continuent malgré tout à se battre honnêtement pour gagner leur vie », ajoute-t-il.
S’appuyant sur son propre parcours, Alain Maboko affirme avoir lui-même été confronté à plusieurs crises, notamment l’éruption du volcan Nyiragongo, la pandémie de Covid-19, les déplacements de populations ainsi que les difficultés économiques ayant paralysé de nombreuses activités à Goma.
Face à ces obstacles, il a choisi de créer sa propre activité.
« Il n’y avait pratiquement rien à faire. J’ai pris une craie et un tableau. En m’appuyant sur mes connaissances, j’ai commencé à donner des cours d’anglais à domicile. Petit à petit, j’ai trouvé une salle et créé un centre de formation », raconte-t-il.
Aujourd’hui, le centre Promoting Youth Education (PYE) est devenu l’une des structures de formation reconnues à Goma. Son responsable souligne que cette initiative a non seulement permis d’assurer sa propre autonomie, mais aussi de créer plusieurs emplois au profit d’autres jeunes en fonction de leurs compétences.
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Enfin, Alain Maboko encourage les jeunes à développer des activités génératrices de revenus plutôt que d’attendre exclusivement un emploi salarié.
Selon lui, la créativité, la valorisation des compétences et l’esprit entrepreneurial constituent des leviers essentiels pour lutter contre le chômage et permettre aux jeunes de construire eux-mêmes leur avenir.
Maria Yossa & Kelvin Kimbere
