Deux nouveau-nés prématurés sont décédés mardi 4 août 2026 alors qu’ils étaient transportés à bord d’une ambulance de l’Hôpital général de référence de Lemera, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Selon des sources locales, l’ambulance aurait été immobilisée pendant près de deux heures à Kigwena, dans le groupement de Lemera, après une altercation impliquant le chauffeur, un médecin et des hommes présentés comme des éléments Wazalendo. Les deux enfants, qui venaient de naître prématurément à Sange, seraient morts pendant cette interruption du trajet.

L’incident s’est produit à l’avenue Mayengo, à Kigwena, alors que l’ambulance regagnait Lemera avec les deux nouveau-nés, qui nécessitaient une prise en charge adaptée aux complications liées à leur naissance prématurée.

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D’après le récit communiqué à notre rédaction, l’origine de l’incident serait liée à un différend survenu autour d’une patiente qui se trouvait auparavant à l’Hôpital général de référence de Lemera.

Une urgence obstétricale à l’origine du déplacement

Selon ce récit, la femme d’un commandant présenté comme Wazalendo se trouvait à l’hôpital de Lemera pour une consultation auprès du médecin chef de staff.

Alors que le médecin était en train de préparer les documents nécessaires après la consultation, il aurait reçu un appel signalant une urgence à Bwegera, concernant une femme enceinte de jumeaux.

Le médecin aurait alors interrompu momentanément la prise en charge de la première patiente afin de se rendre sur place avec l’ambulance.

À son arrivée à Bwegera, il aurait constaté une complication nécessitant un accouchement prématuré. Selon la même source, l’établissement ne disposait pas du matériel nécessaire pour effectuer correctement l’intervention.

Le médecin aurait alors décidé de poursuivre vers Sange, où les deux enfants sont finalement nés prématurément.

Des nouveau-nés sans couveuse

Après l’accouchement, une nouvelle difficulté s’est présentée : la prise en charge des deux prématurés.

Selon le récit recueilli, Sange ne disposait pas de couveuse adaptée pour assurer les soins nécessaires aux nouveau-nés. Le médecin aurait donc décidé de ramener les enfants vers Lemera, où ils pouvaient bénéficier d’une prise en charge plus appropriée.

L’ambulance a ainsi repris la route en direction de Lemera. En chemin, elle aurait également pris en charge d’autres malades à Bwegera, puis à Nyamutiri.

C’est à hauteur de l’avenue Mayengo, à Kigwena, que le véhicule aurait été immobilisé.

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Une altercation qui aurait duré près de deux heures

Selon les informations recueillies, un homme présenté localement comme un « général » autoproclamé du groupe Wazalendo aurait reproché au médecin d’avoir laissé sa femme à Lemera pour se rendre à Bwegera puis à Sange.

Une discussion aurait alors éclaté entre les deux hommes.

Toujours selon le récit de la source, le médecin aurait tenté d’expliquer qu’il avait été appelé pour une urgence médicale concernant une femme enceinte et qu’il avait dû intervenir pour sauver la mère et les deux enfants.

La situation aurait néanmoins dégénéré. Un garde du corps du responsable armé aurait commencé à frapper le médecin, avant que le commandant ne tente, selon cette même source, de sortir son arme.

La femme du commandant serait alors intervenue pour empêcher que le médecin soit tué.

Selon le témoignage recueilli, elle aurait déclaré qu’« si on devait tuer le médecin, il fallait commencer par elle ».

Les discussions et la confrontation auraient alors continué pendant près de deux heures, alors que les deux nouveau-nés se trouvaient toujours dans l’ambulance.

C’est durant cette période que les deux prématurés seraient décédés.

Des habitants interviennent, les FARDC arrivent sur place

La situation aurait ensuite attiré plusieurs habitants et notables de la région, qui auraient protesté contre l’immobilisation de l’ambulance et la violence exercée contre le personnel médical.

D’autres éléments présentés comme Wazalendo, appartenant à un autre groupe ou relevant d’un autre commandant, seraient également arrivés sur les lieux, provoquant de nouvelles tensions.

Selon la même source, des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appartenant à une unité de la Garde républicaine, seraient finalement intervenus.

Après avoir entendu les explications du médecin, les militaires auraient arrêté et ligoté l’homme présenté comme le « général » ainsi que son garde du corps, avant de les conduire vers Lemera.

L’ambulance aurait ensuite été autorisée à poursuivre son trajet avec les deux nouveau-nés, déjà décédés.

Selon les informations recueillies, les deux hommes arrêtés auraient par la suite été transférés à Uvira, où ils devraient être présentés à la justice. Cette information reste à confirmer officiellement par des sources judiciaires.

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Un incident qui relance la question de l’accès aux soins

Au-delà du drame de ces deux décès, cet incident met en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les patients et les personnels de santé dans les zones affectées par les violences armées.

L’immobilisation d’une ambulance transportant des nouveau-nés en situation d’urgence pose notamment la question de la libre circulation des transports médicaux et de la protection du personnel de santé dans les zones de conflit.

Le droit international humanitaire prévoit que les personnels médicaux et les transports affectés à des fonctions médicales doivent être respectés et protégés. Les ambulances et autres moyens de transport médical bénéficient d’une protection particulière et ne doivent pas être attaqués ou empêchés d’accomplir leur fonction médicale, sous réserve des conditions prévues par le droit applicable.

Le Comité international de la Croix-Rouge rappelle continuellement que les personnels de santé doivent pouvoir accomplir leurs fonctions sans violence ni obstruction et que les parties à un conflit doivent prendre les mesures nécessaires pour leur permettre d’exercer leur mission.

Les patients malades ou blessés doivent, quant à eux, recevoir les soins nécessaires aussi rapidement que possible.

Des entraves qui préoccupent le secteur médical

Cet événement intervient alors que les acteurs humanitaires et médicaux font régulièrement état de difficultés d’accès dans les zones affectées par les violences au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Les entraves aux déplacements des ambulances, les intimidations ou violences contre les personnels de santé et les restrictions imposées sur certains axes peuvent avoir des conséquences particulièrement graves lorsqu’il s’agit de patients nécessitant une prise en charge urgente.

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Dans le cas de Kigwena, le décès des deux prématurés illustre les conséquences potentiellement dramatiques d’une interruption du transport médical.

Jean-Luc M.

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