Les conditions de sécurité des passagers sur la liaison lacustre Goma-Bukavu suscitent des inquiétudes. Surcharge des embarcations, passagers voyageant debout ou assis à même le sol, transport de plusieurs tonnes de marchandises et port non systématique des gilets de sauvetage figurent parmi les principaux constats effectués lundi 10 août 2026 par un reporter de La Prunelle RDC au port de Goma.
À ces difficultés s’ajoute la disparition apparente, à l’entrée du port de Goma, de certains dispositifs de prévention sanitaire, notamment les points de lavage des mains et les dispositifs de contrôle de température qui avaient été installés dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola.
Sur les embarcations assurant la liaison entre Goma et Bukavu, des passagers affirment devoir voyager debout ou assis à même le sol, faute de places assises suffisantes. Cette situation intervient alors que les bateaux embarquent également d’importantes quantités de marchandises, notamment des sacs de haricots et de pommes de terre.
Des embarcations fortement chargées
Le problème de surcharge ne concerne donc pas uniquement le nombre de voyageurs. Les marchandises transportées occupent également une partie importante de l’espace disponible à bord et augmentent la charge des embarcations.
Des passagers rencontrés sur place déplorent des conditions de voyage devenues particulièrement inconfortables et appellent à un meilleur respect des règles encadrant le transport lacustre.
La surcharge constitue également un enjeu de sécurité, notamment sur le lac Kivu, où les conditions de navigation peuvent rapidement se dégrader. La capacité autorisée des embarcations et leur charge effective devraient ainsi faire l’objet d’un contrôle rigoureux par les services compétents.
Le port des gilets de sauvetage pas systématique
Autre constat relevé au cours de ce reportage : le port du gilet de sauvetage n’est pas systématique chez les passagers.
Si certains bateaux disposent de ces équipements, tous les voyageurs ne semblent pas être contraints de les porter avant le départ. Des responsables d’embarcations ne veilleraient pas systématiquement à leur utilisation par chaque passager.
Pourtant, le gilet de sauvetage constitue un équipement essentiel de protection en cas d’accident, de chute dans l’eau ou de naufrage. Son utilisation effective, au-delà de sa simple présence à bord, demeure donc un élément important de la sécurité des voyageurs.
Cette situation soulève la question du contrôle exercé avant le départ des embarcations et du respect des mesures de sécurité par les opérateurs du transport lacustre.
Les dispositifs de prévention contre Ebola moins visibles
Le constat effectué au port de Goma concerne également les mesures sanitaires.
Les dispositifs de lavage des mains et de contrôle de température ne sont plus visibles à l’entrée du port, alors que ces mesures avaient été mises en place dans le cadre de la prévention contre Ebola.
Cette évolution intervient dans un contexte où les déplacements entre les principales villes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent importants. La disparition de ces dispositifs pourrait ainsi susciter des interrogations sur le maintien des mesures de prévention sanitaire dans les lieux de forte fréquentation.
Il revient aux autorités sanitaires de préciser si ces dispositifs ont été officiellement levés, suspendus ou s’ils doivent encore être réinstallés.
Le prix du billet en hausse
Par ailleurs, le prix des billets de transport sur cette liaison aurait augmenté de un dollar.
Interrogés sur cette hausse, certains responsables du secteur l’attribuent à une taxe qui serait imposée par les autorités locales. Cette explication reste toutefois à documenter et nécessiterait des précisions de la part des autorités concernées sur la nature de cette taxe, son montant et son fondement.
Cette augmentation intervient dans un contexte où les voyageurs dénoncent déjà des conditions de transport difficiles, notamment la surcharge et le manque de confort à bord.
La sécurité des passagers au centre des préoccupations
La liaison Goma-Bukavu constitue un axe important de transport sur le lac Kivu et permet chaque jour le déplacement de nombreux passagers et de marchandises entre les deux villes.
Les constats effectués au port de Goma mettent ainsi en évidence plusieurs préoccupations : surcharge des embarcations, transport simultané de passagers et de volumes importants de marchandises, port non systématique des gilets de sauvetage, disparition apparente de certains dispositifs sanitaires et hausse du prix des billets.
Ces éléments appellent à un renforcement du contrôle des embarcations avant leur départ, au respect des normes de sécurité et à une clarification des mesures sanitaires ainsi que des éventuelles taxes appliquées aux voyageurs.
Pour les usagers, la priorité reste la même : pouvoir emprunter le lac Kivu dans des conditions garantissant à la fois leur sécurité, leur dignité et leur protection sanitaire.
