Les enseignants du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, dénoncent le retard dans le paiement de leurs salaires du mois de juillet 2026. Alors que cette rémunération était attendue depuis plusieurs semaines, de nombreux enseignants affirment ne toujours pas avoir été payés, une situation qui accentue leurs difficultés économiques et plonge plusieurs ménages dans l’incertitude.

Dans le territoire de Kalehe, le retard de paiement des salaires des enseignants suscite de plus en plus d’inquiétudes. Pour de nombreux professionnels de l’éducation, le salaire du mois de juillet 2026 reste toujours attendu, alors que les échéances habituelles de paiement sont déjà dépassées.

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Mungazi Anicet, chef d’établissement de l’EP Nuru, dénonce une situation qui affecte directement les conditions de vie des enseignants et de leurs familles.

« Normalement, ce mois devait être payé le 25 juin ou à sa fin, afin de permettre aux enseignants de soulager un peu leurs ménages », explique-t-il.

Selon lui, le retard dans le versement des salaires oblige certains enseignants à recourir à l’endettement pour répondre aux besoins essentiels de leurs familles. L’incertitude autour de la date effective de paiement rend également difficile la planification des dépenses des ménages.

« L’enseignant vit une situation misérable »

La situation économique déjà difficile dans la région vient, selon les enseignants, aggraver les conséquences de ces retards de paiement.

Mungazi Anicet estime que les éducateurs sont particulièrement exposés à cette précarité en raison de l’irrégularité des rémunérations.

« L’enseignant vit une situation misérable. On commence un mois, on le finit, et on attend encore le second sans que celui achevé ne soit payé », déplore-t-il.

Pour les enseignants concernés, le paiement tardif des salaires ne constitue donc pas seulement une difficulté administrative. Il a des conséquences directes sur la vie quotidienne des familles, notamment pour l’alimentation, le logement, les soins de santé, le transport et la scolarisation des enfants.

La Société Civile interpelle le gouvernement

Face à cette situation, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de Mbinga-Nord, dans le territoire de Kalehe, appelle les autorités nationales à intervenir afin de trouver une solution au problème du retard de paiement.

Elle interpelle particulièrement le ministère chargé de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, l’appelant à veiller au respect du calendrier de paiement des enseignants.

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Pour cette structure citoyenne, les enseignants doivent pouvoir recevoir régulièrement leurs rémunérations à temps afin de leur permettre de faire face aux besoins de leurs ménages et d’exercer leur profession dans de meilleures conditions.

La Société Civile plaide également pour une amélioration de la rémunération des enseignants à partir de 2027. Elle demande que leur salaire puisse atteindre 500 dollars américains par mois, afin de tenir compte, selon elle, du coût de la vie et des difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels de l’éducation.

Une revendication qui intervient avant la rentrée scolaire

Cette situation intervient alors que la question des conditions salariales des enseignants fait l’objet de nouvelles revendications au niveau national.

Le 6 août 2026 à Kinshasa, plusieurs organisations syndicales réunies au sein de la Synergie des syndicats des enseignants de la République démocratique du Congo ont annoncé un mot d’ordre de non-reprise des activités scolaires à partir du 1er septembre 2026, si leurs principales revendications ne sont pas prises en compte par le Gouvernement.

Parmi les revendications avancées par les syndicats figurent notamment l’amélioration des conditions salariales, la régularisation des enseignants non payés et des nouvelles unités, ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec le Gouvernement sur la politique salariale du secteur de l’éducation.

Les enseignants de Kalehe se retrouvent ainsi au cœur d’une problématique qui dépasse leur seul territoire : celle de la régularité et du niveau des rémunérations dans le secteur de l’éducation nationale.

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À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, le retard de paiement dénoncé à Kalehe et les revendications syndicales nationales placent une nouvelle fois la question des conditions de travail et de rémunération des enseignants au centre des préoccupations du secteur éducatif congolais.

Esther Rehema     

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