La Commission provinciale de pacification et de résolution des conflits du Nord-Kivu mise en place par les autorités de fait du M23 a déjà enregistré et examiné plus de 584 dossiers depuis sa mise en place il y a près d’une année. C’est ce qui ressort de la séance plénière organisée jeudi 6 août 2026 au Gouvernorat provincial, à Goma, au cours de laquelle les autorités provinciales ont évalué le fonctionnement de cette structure chargée de promouvoir le règlement pacifique des différends et de renforcer la cohésion sociale dans la province.
La rencontre a réuni les membres de la Commission provinciale de pacification et de résolution des conflits, les responsables du Centre d’arbitrage, les services techniques du cadastre ainsi que les parties concernées par différents litiges.
Les autorités présentes ont suivi le déroulement des travaux afin de s’imprégner des mécanismes mis en œuvre pour prévenir et résoudre les conflits à travers des procédures de médiation et d’arbitrage.
Selon Maître Innocent Munyemana, conseiller principal du gouverneur M23 en charge de la Justice, cette Commission constitue un mécanisme permanent de résolution alternative des conflits mis en place par le Gouvernorat du Nord-Kivu afin d’offrir des solutions pacifiques aux différends qui opposent les citoyens.
« Ils sont venus s’imprégner du travail que nous faisons au quotidien à travers la Commission provinciale de pacification et de résolution des conflits, couplée au travail du Centre d’arbitrage », a-t-il déclaré.
Le responsable souligne que les litiges fonciers représentent de loin la principale catégorie des dossiers traités par la Commission.
« Une grande partie, à 90 %, des conflits que nous connaissons sont liés à la terre, ce sont des conflits fonciers. Il était donc important que les autorités viennent s’imprégner de ce travail », a expliqué Maître Innocent Munyemana.
Créée il y a près d’un an, la Commission a déjà traité plus de 584 dossiers. Plusieurs affaires ont été résolues grâce à des conciliations entre les parties ou à des décisions rendues dans le cadre du processus de médiation, tandis que d’autres restent en cours d’examen.
Pour Maître Innocent Munyemana, cette expérience contribue également au renforcement de l’autorité de l’État et pourrait être reproduite dans d’autres entités de la province.
« L’instauration de l’autorité de l’État, cette expérience sera dupliquée et c’est vraiment un bon départ. Les recommandations doivent être mises en place pour que ceci soit effectif dans d’autres entités », a-t-il ajouté.
À l’issue de la visite, les autorités provinciales ont encouragé les membres de la Commission, du Centre d’arbitrage ainsi que les services techniques impliqués dans ce processus à poursuivre leur mission avec professionnalisme, patriotisme et sens des responsabilités afin de garantir un traitement efficace et impartial des dossiers.
Pour les responsables provinciaux, cette Commission constitue aujourd’hui un instrument important de prévention des conflits, particulièrement dans le domaine foncier, où les différends représentent la quasi-totalité des contentieux enregistrés.
À travers le dialogue, la médiation et l’arbitrage, elle entend contribuer à la consolidation de la paix, au renforcement de la cohésion sociale, à la promotion du vivre-ensemble ainsi qu’à la restauration durable de l’autorité de l’État dans la province du Nord-Kivu.
