À l’occasion de la Journée mondiale de prière pour la Création, célébrée ce 1er septembre, la prière apparaît également comme un outil susceptible de contribuer au renforcement de la cohésion sociale au sein des communautés affectées par les conflits. À Goma, où la guerre et les déplacements de populations ont profondément marqué les relations entre les différentes communautés, des leaders religieux estiment que les moments de prière peuvent favoriser le dialogue, la solidarité, la réconciliation et la paix.

Pour l’un de ces responsables religieux, la prière constitue un véritable catalyseur de cohésion sociale dans un contexte marqué par les divisions provoquées par les conflits armés et les déplacements forcés.

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« La prière à Goma joue un rôle très essentiel comme catalyseur de cohésion sociale, car elle favorise l’unité entre les communautés divisées par la guerre et les déplacements, en renforçant la solidarité, la réconciliation et la paix », explique-t-il.

Selon lui, les responsables religieux peuvent notamment s’appuyer sur la prière et la prédication pour lutter contre les discours de division et promouvoir le vivre-ensemble.

La prière, un langage commun entre les confessions

Cette capacité de la prière à rapprocher les communautés a notamment été observée dans le cadre du Projet interconfessionnel sur la paix au Nord-Kivu, chapeauté par l’Église anglicane.

Ce projet réunissait plusieurs confessions religieuses, notamment l’Église catholique, la 3e CBCA, les luthériens, les musulmans, les kimbanguistes ainsi que les Églises de réveil.

Des rencontres et ateliers organisés à Goma ont permis aux représentants de différentes communautés religieuses d’échanger autour de la paix et de la coexistence pacifique.

« Ces rencontres ont montré que la prière est un langage commun qui transcende les différentes confessions religieuses », souligne ce leader religieux.

La prière de saint François d’Assise constituait notamment l’un des textes de référence lors de ces rencontres. Elle invite les croyants à devenir des instruments de paix : « Là où il y a la haine, que j’y mette l’amour ; là où il y a la discorde, que j’y mette l’unité. »

Pour ce responsable religieux, cette approche permet aux fidèles issus de différentes confessions de se retrouver autour de valeurs communes et de renforcer les liens sociaux.

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Prévenir les discours de division

Au-delà de son rôle de rassemblement, la prière peut également contribuer à prévenir certaines formes de division.

Le leader religieux estime que les responsables des différentes confessions ont pris conscience du rôle que peuvent jouer certains discours religieux dans l’accentuation des tensions communautaires.

« Lorsque la prière est accompagnée de messages inclusifs, elle neutralise les tendances à la séparation et à la discrimination religieuse ou ethnique », affirme-t-il.

Dans un environnement où les rumeurs, les discours de haine et les tensions communautaires peuvent rapidement alimenter les conflits, les lieux de culte peuvent ainsi devenir des espaces de sensibilisation au respect, à la tolérance et à l’acceptation de l’autre.

Un acte de solidarité et de réconciliation

Dans une ville qui accueille de nombreuses personnes affectées par les conflits et les déplacements forcés, la prière est également vécue comme un acte de solidarité.

« Dans un contexte comme le nôtre, marqué par les cicatrices des guerres et les déplacements forcés, la prière est vécue comme un acte de solidarité. Elle soutient les familles et encourage la réconciliation entre les communautés en conflit », explique-t-il.

Les moments de prière collective peuvent ainsi permettre aux différentes communautés de partager leurs souffrances, mais aussi d’exprimer leur volonté de reconstruire des relations fondées sur la confiance et la paix.

Mobiliser contre les rumeurs et la désinformation

Enfin, les leaders religieux disposent, selon lui, d’une importante capacité de mobilisation sociale.

À travers leurs prédications et leurs messages, ils peuvent appeler les fidèles à ne pas relayer les rumeurs et les informations susceptibles d’exacerber les tensions.

« Grâce à leur influence, les leaders religieux utilisent la prière pour mobiliser les fidèles contre la désinformation et les rumeurs. Cela contribue à la stabilité sociale et à la prévention de la violence communautaire », ajoute-t-il.

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À Goma, la Journée mondiale de prière pour la Création dépasse ainsi la seule dimension spirituelle. Elle rappelle que la prière, lorsqu’elle est accompagnée d’actions concrètes en faveur du dialogue, de la solidarité et du respect de l’autre, peut devenir un instrument de rapprochement entre des communautés fragilisées par les conflits.

Dans une région où la paix demeure un défi majeur, les espaces de prière peuvent donc constituer des lieux privilégiés pour reconstruire les liens sociaux et encourager un vivre-ensemble fondé sur l’unité, la tolérance et la solidarité.

Christelle Omoyi

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