La situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié le 30 avril 2026, le mouvement citoyen Machozi ya Raia indique avoir documenté plus de dix incidents majeurs au cours du mois d’avril dans la province du Sud-Kivu, marqués notamment par des assassinats, des homicides, des violences sexuelles et des actes de criminalité armée.
Selon ce document consulté par La Prunelle RDC, ces incidents, survenus entre le 1er et le 30 avril, traduisent « une intensification des violences armées et une expansion de la criminalité organisée », avec des conséquences directes sur les populations civiles.
Parmi les faits relevés, un corps sans vie a été découvert le 1er avril dans un état de décomposition avancée. Quelques jours plus tard, dans la nuit du 7 au 8 avril, un homicide par arme à feu a été signalé à Kalundu, dans le territoire de Mwenga, impliquant selon des témoignages un élément des Forces armées de la République démocratique du Congo.
La ville d’Uvira a également été le théâtre de plusieurs découvertes de corps sans vie, dont certains présentaient des traces de violence, ainsi que d’un acte particulièrement choquant où un homme aurait tenté de s’en prendre à un nourrisson.
Le rapport mentionne également des tentatives de braquage armé à Kamituga, des fusillades ayant fait des blessés, ainsi que des enlèvements, notamment à Kalundu. À Shabunda, une attaque armée a coûté la vie à trois personnes et permis aux assaillants d’emporter une importante somme d’argent.
Dans le territoire de Fizi et Mwenga, notamment à Itombwe, des frappes de drones ont causé la mort de cinq personnes, dont trois enfants, provoquant un traumatisme profond au sein de la communauté. D’autres incidents incluent des cas de viol, de torture ayant entraîné la mort, ainsi que des explosions d’engins ayant coûté la vie à des enfants à Kabare.
Le rapport met aussi en évidence une recrudescence inquiétante des cas de justice populaire. Le 28 avril, une femme a été tuée à la suite d’accusations de sorcellerie, illustrant la persistance de pratiques violentes au sein des communautés.
Face à cette situation, Machozi ya Raia appelle à des mesures urgentes, notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violations graves des droits humains, le renforcement de la discipline au sein des forces de sécurité et l’intensification des campagnes de sensibilisation contre la justice populaire.
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Le mouvement insiste également sur la nécessité d’une prise en charge globale des victimes, incluant un accompagnement médical, psychosocial et juridique.
« La situation sécuritaire au Sud-Kivu demeure extrêmement préoccupante et nécessite une réponse urgente, coordonnée et durable », conclut le rapport.
