L’organisation « Génération Épanouie » a présenté, ce mercredi à Bukavu, les résultats d’une étude consacrée aux facteurs qui influencent la participation des jeunes femmes aux processus politiques et à la consolidation de la paix dans la province du Sud-Kivu.
L’activité s’est tenue au Centre Rio, dans le quartier Nguba en commune d’Ibanda, et a réuni plusieurs organisations féminines, des acteurs de la société civile, des partenaires techniques.
Selon Éric Ruhindwa, chargé de projet au sein de Génération Épanouie, cette recherche visait à identifier les facteurs qui favorisent ou freinent l’implication des jeunes femmes dans les espaces de prise de décision et dans les initiatives de paix.
L’étude a été menée entre janvier 2025 et janvier 2026 dans les territoires de Kalehe, Kabare, Walungu, Mwenga et Uvira, ainsi que dans les villes de Bukavu et d’Uvira.
Les résultats présentés révèlent une faible représentation des jeunes femmes dans les mécanismes de consolidation de la paix et dans les postes de responsabilité, malgré l’existence des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies qui encouragent respectivement la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix.
« Cette étude nous a permis d’identifier plusieurs obstacles à la participation significative des jeunes femmes dans les sphères politiques et décisionnelles. Parmi les facteurs les plus souvent évoqués figurent le manque de moyens financiers, la répartition inégale des tâches ménagères, les barrières socioculturelles ainsi que les difficultés liées à l’application des quotas dans les partis politiques », a expliqué Éric Ruhindwa.
L’étude souligne également l’existence d’importantes disparités entre les milieux urbains et ruraux. Dans les centres urbains, les jeunes femmes bénéficieraient davantage d’opportunités de participation grâce à un meilleur accès à l’information, à l’éducation et aux réseaux d’influence. En revanche, dans les zones rurales, les préjugés sociaux et les normes traditionnelles continuent de limiter leur engagement dans la vie publique.
Face à ces défis, Génération Épanouie appelle les jeunes femmes à surmonter les obstacles et à s’impliquer davantage dans les processus de gouvernance et de consolidation de la paix.
« Aux jeunes femmes qui nourrissent des ambitions politiques, nous disons de ne pas avoir peur. Il faut oser faire le premier pas. Les personnes qui vous découragent aujourd’hui peuvent devenir demain celles qui salueront votre réussite. Continuez à vous battre et à croire en vos capacités », a insisté le chargé de projet.
Au terme de cet atelier, l’organisation a réaffirmé son engagement à promouvoir la participation active des jeunes femmes dans les espaces décisionnels et les initiatives de paix.
Elle a également exprimé sa gratitude à ses partenaires, notamment Kvinna Till Kvinna et le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF), pour leur appui dans la réalisation de cette étude dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les conclusions de cette recherche devraient servir de base aux plaidoyers en faveur d’une meilleure inclusion des jeunes femmes dans les mécanismes de gouvernance, de prévention des conflits et de consolidation de la paix au Sud-Kivu.
