L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti présidentiel, rejette les accusations de violences portées contre ses militants à la suite du sit-in organisé récemment par la Coalition Article 64 à Kinshasa. Le parti au pouvoir affirme que l’opposition aurait mis en scène les incidents survenus lors de cette manifestation afin d’imputer la responsabilité des affrontements à ses adversaires politiques.
S’exprimant lors d’un meeting tenu au siège de l’UDPS, le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, a soutenu que les leaders de l’opposition auraient préparé à l’avance un scénario destiné à faire croire à une agression lors de la dispersion du rassemblement.
Selon lui, les manifestants auraient convenu de porter des chemises blanches avant de se jeter des tomates afin de simuler des blessures et d’alimenter le récit de violences commises à leur encontre.
« Moi, j’avais pris tout mon temps pour fouiller tout ce qu’ils ont fait comme scénarios. Ils se sont convenus de porter des chemises blanches et après ils se sont jeté des tomates pour dire qu’ils nous ont agressés et blessés. Je ne veux pas qu’un jour on puisse dire que le secrétaire a réuni les militants pour aller agresser les gens. Voilà un père de famille qui veut justifier l’argent de Kagame et Kabila ; il se fait passer pour une victime. Vous voyez ce genre de gens », a déclaré Augustin Kabuya devant les militants de son parti.
Le secrétaire général de l’UDPS a également affirmé que l’opposition aurait orchestré un autre scénario concernant les attaques visant certains sièges de partis politiques. Il a notamment soutenu que la personne annoncée comme décédée lors de ces événements serait en réalité en train de recevoir des soins dans une structure sanitaire, sans fournir davantage de précisions ni d’éléments de preuve publics.
Ces déclarations interviennent quelques jours après le sit-in organisé par la Coalition Article 64, un regroupement de partis et organisations de l’opposition congolaise mobilisé contre la proposition de loi relative à l’organisation d’un référendum, récemment adoptée par l’Assemblée nationale. Les opposants dénoncent un projet qu’ils considèrent comme une étape vers une modification de la Constitution susceptible de permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi.
Selon le bilan communiqué par le gouvernement provincial de Kinshasa, 20 personnes ont été blessées lors des incidents survenus le vendredi 13 juin, dont 15 policiers et 5 civils. Les autorités ont également fait état de cinq véhicules incendiés.
De son côté, l’opposition continue de dénoncer une répression violente de cette mobilisation et réclame l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de faire la lumière sur les circonstances exactes des violences enregistrées.
Alors que les versions des faits divergent entre le pouvoir et ses opposants, les appels se multiplient en faveur d’investigations impartiales pour clarifier les événements qui ont marqué cette manifestation et préserver le climat politique dans un contexte déjà tendu autour du débat sur un éventuel changement constitutionnel.
Trésor Wilondja
