La situation sécuritaire se détériore depuis le début de la semaine dans plusieurs quartiers de la ville de Bukavu, au Sud-Kivu. Une série de braquages à main armée enregistrés dans les communes d’Ibanda et de Kadutu suscite l’inquiétude des habitants, qui dénoncent une recrudescence de l’insécurité et appellent les autorités à renforcer les mesures de protection.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des groupes de criminels lourdement armés opèrent désormais en début de soirée, parfois dès 20 heures. Les quartiers de Nyalukemba, Nguba, Muhungu, Météo et Bilala dans la commune d’Ibanda, ainsi que les quartiers Kasali et Rukumbuka dans la commune de Kadutu, figurent parmi les zones les plus touchées.

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L’un des cas les plus récents a été signalé dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026. Des hommes armés se sont introduits au domicile d’un avocat dans la commune d’Ibanda, emportant une importante somme d’argent et plusieurs biens de valeur.

Un autre braquage a été enregistré dans la soirée du mardi 9 juin sur l’avenue Albert Kayabo, au quartier Nyalukemba, non loin de l’église 8e CEPAC Amani de Nguba. Profitant du fait que plusieurs habitants suivaient la rencontre amicale entre la RDC et le Chili, des individus armés de fusils, de machettes et de haches ont fait irruption dans plusieurs habitations. Ils ont dérobé des téléphones portables, de l’argent et divers objets de valeur.

Dans la même nuit, des bandits armés ont également attaqué une maison du quartier Kasali, dans la commune de Kadutu, où était organisée une séance de cinéma. Les assaillants ont dépouillé les participants de leurs téléphones, de leur argent et d’autres biens.

Toujours à Kadutu, sur l’avenue Rukumbuka, deux boutiques ont été cambriolées. Des téléphones, de l’argent liquide et plusieurs marchandises ont été emportés. Le chef de quartier adjoint de cette entité figure également parmi les victimes. Des hommes armés se sont introduits dans sa résidence et ont emporté plusieurs biens de valeur.

Contacté à ce sujet, Ngerekeza Rukaba Christophe, chef de quartier adjoint de Nyalukemba, confirme la multiplication des actes criminels sur les avenues Ikanga et Albert Kayabo.

« Les bandits circulent dès 20 heures ou 21 heures. Ils pénètrent dans les maisons, imposent le silence aux occupants et les intimident à l’aide d’armes à feu et de machettes. Hier encore, ils ont attaqué la maison d’un coiffeur connu sous le nom de Jado et ont emporté plusieurs téléphones ainsi qu’une importante somme d’argent estimée à 1.600 dollars américains », explique-t-il.

Face à cette situation, il appelle les autorités à organiser des patrouilles régulières dans les quartiers les plus exposés afin de dissuader les criminels et de rassurer la population.

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Selon lui, malgré les arrestations opérées par les services de sécurité, certains délinquants récidivent après leur libération. Il estime que le renforcement de la présence sécuritaire sur le terrain constitue l’une des solutions les plus efficaces pour lutter contre cette vague de braquages.

Les habitants des quartiers concernés demandent également une implication accrue des autorités locales et des forces de l’ordre afin de mettre fin à l’insécurité grandissante qui affecte leur quotidien.

Alors que la peur gagne progressivement plusieurs ménages de Bukavu, les acteurs communautaires rappellent que la lutte contre la criminalité nécessite à la fois une action ferme des autorités et une vigilance collective de la population.

Julie Kubota (Stagiaire UOB)

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